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MLG76

Blog des militants socialistes de Seine-Maritime qui se reconnaissent dans la motion "Maintenant la Gauche !" déposée par Emmanuel MAUREL lors du Congrès de Toulouse du Parti Socialiste.

 

contact : MaintenantLaGauche76@yahoo.fr

 

 

  

 

Vive La Gauche 76

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 12:58

http://photo.europe1.fr/infos/france/petroplus-petit-couronne-930-620-max-ppp/15412683-1-fre-FR/petroplus-petit-couronne-930-620-max-ppp_scalewidth_630.jpg

 

Article de Jean-Claude Branchereau

 

 

La société Pétroplus a annoncé l’arrêt de son site de Petit-Couronne en Seine Maritime. Dans les raisons invoquées figure en bonne place le besoin de crédit bancaire.

 

Le conflit de Pétroplus Petit-Couronne (550 salariés) prend une dimension nationale. Les syndicats ont sollicités les groupes parlementaires et les candidats à l’Elysée.

La raffinerie a été vendue par Shell à un groupe contrôlé par des fonds d’investissements. Les dividendes n’étant plus au rendez-vous, Pétroplus joue son va tout : obtenir des fonds bancaires sur des entités localisées hors de France. Tant pis pour l’activité et les salariés de Seine Maritime aujourd’hui, de la filière pétrole demain !

Cette situation est emblématique de la crise. Elle illustre les problèmes rencontrés par l’industrie en France, en termes de projet et de stratégie. Elle souligne aussi qu’au plan national et européen, aucune barrière n’existe face à la mondialisation et aux importations de produits à bas coûts.

Le projet du PS autour : 
- d’une Banque publique d’investissement au service d’une politique industrielle, 
- d’un pôle public de l’énergie, 
- du juste échange
répond aux enjeux de fond posés par la situation de Pétroplus.

Il constitue aussi la base de discussion pour un accord de l’ensemble de la gauche.

Une gauche unie avec un projet industriel solide et financé garantissant l’emploi, des syndicats soudés dans la mobilisation : c’est la voie à suivre pour imposer une autre logique que celle des banquiers et des fonds d’investissements.


Financer emploi et  projet industriel

L’intersyndicale (CFDT, CGC, CGT) du site de Petit Couronne insiste pour que les financements correspondent à de vrais projets industriels. Et pas seulement le rétablissement de la ligne de crédit d’origine (1 Mds de $ Us).

Les syndicats ont travaillé 4 projets pour le site. A partir d’un investissement de 150 millions (pour les 6 ans à venir), les revenus de ces activités pourraient rapporter 61 millions par an. (soit 366 M € sur 6 ans)

C’est donc sur des projets concrets que le crédit bancaire est nécessaire dès lors que l’activité est localisée en France et quel que soit le propriétaire.

On voit que la maîtrise publique du secteur bancaire, en commençant par une Banque publique d’investissement permettrait d’orienter le crédit dans un sens favorable à l’emploi. La politique industrielle est une chose trop sérieuse pour être laissée dans les mains des financiers.

 

Maîtriser le rôle des banques

Pétroplus annonce l’arrêt de son site de Petit-Couronne en invoquant des difficultés dans l’approvisionnement en pétrole brut.

Ses approvisionnements se font en utilisant une ligne de crédit en dollars mise à disposition par un consortium bancaire dont BNP, SG et Natixis en France.

Celles-ci semblent prêtes à un geste mais le conditionne à un accord interbancaire. Les autres banques (néerlandaises, allemandes, suisses) freinent. Un accord pourrait se dégager mais à la condition que les lignes de crédits ne soient pas « fléchées » vers des sites en particulier. C’est inadmissible.

En réalité, la ligne de 1 milliard de dollars n’est pas réellement épuisée. Les banques craignent que la gestion de Pétroplus se termine en dépôt de bilan et que les crédits soient trop risqués et irrécupérables. Les salariés du site penchent aussi pour cette hypothèse du fait de la concurrence libre et totalement faussée avec les pays à bas coûts et sans normes environnementales.

Il est donc possible en cas d’accord bancaire que Petroplus en tire profit pour certains sites (sans doute hors de France mais moins exposées à ladite concurrence) en laissant tomber d’autres sites en dépit de propositions industrielles existant. Les banques y trouveraient partiellement leur compte en terme de risques moindres.

C’est pourquoi les salariés du site de Petit Couronne insistent pour que les financements correspondent à de vrais projets industriels. Pour autant, rétablir la ligne de crédit d’origine permettrait d’obtenir un délai mais il faut l’intégrer dans un projet industriel.

 

Un pôle public de l’énergie

Les salariés ne croient plus à Petroplus (détenu par des fonds d’investissements), ils rappellent que c’est la Shell qui les a vendus et l’intersyndicale a d’ailleurs prévu de rencontrer le Pdg de Shell France. Ils avancent l’idée d’une réquisition par l’Etat de l’outil industriel.

La gauche peut donc travailler à un projet industriel, des aides conditionnées justifiées par la maîtrise publique de l’énergie, l’intervention auprès des banques et de la médiation du crédit.

D’autres raffineries peuvent être concernées comme l’ensemble de la filière.

 

Mettre un terme au dumping social et environnemental

La libre concurrence avec l’Asie implique que les produits importés sont beaucoup moins chers que ceux fabriqués aux normes sociales et environnementales en France. Il y aurait donc lieu de « taxer » les produits importés disent des syndicalistes.

D’autant que le pétrole raffiné en Inde est destiné à l’Europe ! Une délocalisation industrielle aux seules fins de rentabilité financière.

C’est là que nos propositions pour un juste échange trouvent leur place en pénalisant les produits importés qui ne tiennent pas compte des normes sociales et environnementales

 

Il y a une solution industrielle à financer pour le site « Pétroplus » de Petit-Couronne et au-delà pour l’ensemble de la filière.

Les salariés attendent des actes en matière de projets industriels. Au-delà des discours sur la régulation de la finance, les français attendent que les banques participent au financement de l’économie et des emplois.

La gauche peut et doit être porteuse de ce projet.

 

  

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Published by uma76 - dans UMA76
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