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MLG76

Blog des militants socialistes de Seine-Maritime qui se reconnaissent dans la motion "Maintenant la Gauche !" déposée par Emmanuel MAUREL lors du Congrès de Toulouse du Parti Socialiste.

 

contact : MaintenantLaGauche76@yahoo.fr

 

 

  

 

Vive La Gauche 76

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 12:31

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Article publié dans Le Monde

 

 

Martine Aubry peut-elle encore se présenter à la primaire ? La question existe au PS et intéresse particulièrement son aile gauche, qui a fait le choix de soutenir la première secrétaire du Parti socialiste.

 

Malgré les démentis spectaculairesapportés par la maire de Lille à une information du Nouvel Obs annonçant son renoncement, la tension monte. Et la gauche du PS s’interroge : si Martine Aubry n’y va pas, que faire ?

 

L’enjeu est important pour le courant de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, Un monde d’avance, qui avait recueilli 18,5 % au congrès de Reims, et qui ne voit la candidature de M. Strauss-Kahn qu’avec un enthousiasme modéré. Depuis la semaine dernière, certains évoquent une candidature du porte-parole du parti, Benoît Hamon.

 

Pour Henri Emmanuelli, co-animateur du courant Un Monde d’avance, il y a clairement un "agacement" face à l’attente entretenue par Martine Aubry. Si la première secrétaire ne se présente pas, une candidature Hamon est une option, ajoute le député des Landes, qui ne cache pas que l’autre stratégie consiste à négocier des points de programme avec DSK ou Hollande.

 

Ce dernier ne semble pas pour l’instant jugé plus compatible politiquement que le patron du FMI, qui vient de rencontrer Benoit Hamon, mais aussi Henri Emmanuelli.

 

 

 

Des rumeurs annoncent que Martine Aubry ne sera pas candidate, restez-vous favorable à sa candidature ?


Henri Emmanuelli : Oui... Comme je l’avais dit à [François] Hollande en 2006, c’est au premier secrétaire d’être candidat. Il n’y a pas de raison que le PS soit le seul parti de gauche occidental où le chef du parti n’est pas candidat à l’exécutif. C’est une particularité inventée par Lionel Jospin en 1995, avec les suites que l’on connaît. En 2007, nous avons eu la primaire et Ségolène Royal. Et aujourd’hui, on a le pas-de-deux, de quatre ou de six, je ne sais plus, entre différents candidats. Pendant ce temps, la première secrétaire ne se prononce pas.

Je reste favorable à sa candidature : non seulement elle a dirigé les travaux du projet mais elle est la mieux placée pour rassembler la gauche. Or, nous savons que le vrai enjeu est de rassembler la gauche avant le premier tour.

 

 

N’avez-vous pas d’inquiétudes sur la candidature de Martine Aubry ?


Si... Je n’ai pas de certitudes, mais ce qu’elle me dit, ce n’est pas qu’elle n’est pas candidate. Je lui ai dit plusieurs fois, encore récemment : "Si tu n’es pas candidate, tu dois le dire." Elle m’a dit : "Non, je n’ai pas dit cela." Par ailleurs, j’ai vu Dominique Strauss-Kahn ce samedi.

 

 

Que vous êtes-vous dit ?


Il m’a dit : "Si Martine est candidate, je ne serai pas candidat." Il l’a répété vingt fois... Voilà, j’en suis là.

Et pour sortir de la gestuelle de Martine et Dominique, je pense vraiment, je lui ai d’ailleurs dit, que Dominique ne fait pas l’unanimité à gauche. Et des bulles sondagières comme celle dont il bénéficie, on en a déjà vu : Delors, Balladur, Jospin, Royal...

 

 

Envisager une candidature de Benoît Hamon, est-ce un signe de nervosité ?


Je rappelle que notre courant, avec Benoît Hamon, a plus de poids dans l’électorat que dans le parti : en 2005, lors de la campagne sur le référendum européen, 60 % de l’électorat PS a voté "non" (MM. Emmanuelli et Hamon avaient fait campagne pour le "non" - NDLR)... Envisager une candidature de Benoît Hamon, ce n’est pas un signe de nervosité mais d’agacement : on attend que Martine Aubry se prononce... Si elle n’y va pas, il faut voir ce qu’on fait : faut-il une candidature, de Benoît, ou employer d’autres méthodes ?

 

 

Cette candidature de Benoît Hamon, est-ce une réalité ou un simple moyen de faire pression sur Martine Aubry ?

C’est une réalité. On regarde : si Martine n’est pas candidate, ce qui serait très négatif, il reste François Hollande et Dominique Strauss-Kahn. Quand je vois que M. Hollande est conseillé par Jean-Pierre Jouyet, ancien ministre de Sarkozy et ancien président de l’Autorité des marchés financiers, je ne crois pas qu’il soit le candidat d’un changement de pied. Pas plus que Dominique Strauss-Kahn qui est conseillé par exemple par M. Villeroy de Galhau (il est dirigeant de BNP Paribas, rappelle Challenges.fr - NDLR).

 

 

Les candidatures Hollande et Strauss-Kahn se valent-elles ?


Elles se côtoient... Moi, je pense que nous pouvons gagner cette présidentielle mais si, l’ayant gagnée, il n’y a pas de perception d’un changement de paradigme, on risque un accident politique. Sur le libre-échange, par exemple, nous ne sommes pas sur la position de M. Lamy [directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, l’OMC] : sans protection, c’est une catastrophe pour l’emploi en Europe.

 

 

Quels points de programme feriez-vous valoir, si vous deviez négocier avec un candidat ?


Dans l’ordre, d’abord la redistribution : les revenus du patrimoine et extra-salariaux augmentent de 15 % par an alors que les salaires stagnent, on fait quoi ? En deuxième, l’emploi et l’industrie, qui pèse 13 % du PIB, contre 30 % à la fin des années 80 : on fait quoi ? Enfin, l’Europe et l’euro : il faut beaucoup d’aveuglement pour croire que la Grèce peut rembourser sa dette sans que la banque centrale européenne ait le feu vert pour en prendre une partie ou sans qu’on restructure cette dette, c’est-à-dire en effacer 30 à 40 % par exemple. Si on fait croire cela, on donne le sentiment aux électeurs qu’on a la tête dans le sable.

Donc, soit on obtient d’un candidat à la primaire PS qu’il prenne cela en charge. Soit on trouve un moyen de faire valoir ces points auprès de l’opinion, par exemple avec une candidature de Benoît Hamon. On n’a pas encore décidé.

 

 

Les entrevues de Benoît Hamon avec Dominique Strauss-Kahn et avec vous-même ne montrent-elles pas que vous penchez déjà en sa faveur ?


C’est Dominique Strauss-Kahn qui a demandé à nous voir, n’inversons rien. Il a insisté. Je lui ai dit notre point de vue.

 

 

Etes-vous aussi en contact avec le camp de François Hollande ?


Il n’a rien demandé jusqu’ici et je n’ai pas pris contact non plus.

 

 

 

 

propos recueillis par Alexandre Piquard

 

 

 

 

 

 

source : http://www.unmondedavance.eu

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