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MLG76

Blog des militants socialistes de Seine-Maritime qui se reconnaissent dans la motion "Maintenant la Gauche !" déposée par Emmanuel MAUREL lors du Congrès de Toulouse du Parti Socialiste.

 

contact : MaintenantLaGauche76@yahoo.fr

 

 

  

 

Vive La Gauche 76

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 12:16

 

Article de Gérard Filoche

 

 

Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé, vendredi 28 mars à Copenhague, de doter le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), qualifié de « pare-feu » européen, d’un montant théorique de 800 milliards d’euros. Comme d’habitude, les mêmes cris d’enthousiasme s’élèvent et la crise des dettes publiques européennes, pour la dixième fois depuis le printemps 2010, est vraiment derrière nous !

 

Un montant des plus théoriques

 

800 milliards d’euros ou 1 000 milliards de dollars ! Plus que le plan Paulson destiné à sauver les banques des Etats Unis en 2008 qui ne s’élevait qu’à 700 milliards de dollars ! La réalité est un peu différente.

 

Ces 800 milliards additionnent les 500 milliards d’euros du MES et 300 milliards déjà versés ou déjà promis à la Grèce, l’Irlande ou au Portugal. L’« argent frais » se limiterait donc à 500 milliards d’euros.

 

Mais ces 500 milliards d’« argent fais » sont loin d’être aussi frais que le prétendent les inconditionnels du MES. Cet organisme disposera en tout et pour tout de 80 milliards d’euros de capital, une fois que les pays de la zone euro auront versé leur quote-part, au prorata de leur participation au capital de la BCE (27,15 % pour l’Allemagne ; 20,39 % pour la France ; 17,92 % pour l’Italie ; 11,90 % pour l’Espagne). Ces 80 milliards d’euros serviront de garantie aux 420 milliards que le MES devrait théoriquement, là encore, pouvoir emprunter sur les marchés financiers. Mais ces emprunts seront loin d’être accordés aussi automatiquement que le prétendent les thuriféraires du MES. Qui peut penser que les garanties de l’Italie et de l’Espagne pourraient avoir la moindre valeur aux yeux des marchés financiers si le MES devaient emprunter pour éviter un défaut de paiement de ces deux pays ? Ce seraient alors 29,82 % des garanties du MES qui disparaîtraient d’un seul coup, de quoi inspirer une confiance illimitée aux marchés financiers. A quels taux, ensuite, les marchés financiers accepteraient-ils de financer le MES alors que, sans même parler de défaillance de l’Italie et de l’Espagne, les pays AAA se réduisent comme peau de chagrin dans la zone euro ?

 

Le même bluff que pour les « subprime »

 

La finance n’en finit pas de gonfler des bulles. Le MES est une nouvelle bulle gonflée par les ministres des Finances de la zone euro pour complaire aux marchés financiers. Ils ne les appellent pas « bulles » mais parlent d’ « effet levier », ce qui revient exactement au même.

 

Il s’agit avec le MES de transformer 80 milliards d’euros en 500 milliards d’euros en nous faisant croire que cela sera indolore pour les peuples et que les marchés financiers ne verront pas qu’il s’agit d’une nouvelle bulle.

 

Indolore pour les contribuables ? Pour la France, par exemple, il lui faudra trouver 20 milliards d’euros d’ici 2014 pour fournir sa quote-part de 20 milliards dans le capital du MES. Et si le MES arrivait à emprunter sur les marchés financiers la garantie apportée par la France serait de 126 milliards d’euros. En cas de défaut d’un pays auquel ces fonds auraient été prêtés, il faudrait les rembourser.

 

Invisible par les marchés financiers ? Au moindre risque de « défaut » de l’Italie ou l’Espagne, la bulle éclatera. L’Espagne a besoin, d’ici 2014, de 300 milliards d’euros pour faire face au remboursement des titres de sa dette publique arrivée à échéance. C’est déjà bien au-delà des possibilités réelles du MES. Mais c’est 600 milliards d’euros qui seront nécessaire à l’Italie. Sans parler des 150 ou 200 milliards qui seront indispensables à la Grèce, l’Irlande et le Portugal pour faire face, eux-aussi, au remboursement des titres de leurs dettes publiques arrivant à échéance. Il est impossible, en effet, que ces pays puissent emprunter sur les marchés financiers comme le prévoyaient la troïka en 2013 ou 2014.

 

Et tout cela pourquoi ? Pour « aider » l’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Irlande ou le Portugal ? Non, ils ne verront pas un seul euro des sommes versées par le MES. Ces milliards d’euros ne serviront qu’à rembourser leurs créanciers, pour l’essentiel des banques et des assurances européennes. Et non, ca ne marche même pas : l’Espagne est dans la nasse et les mesures d’austérité anti-droit du travail de Mariano Rajoy, comme celles de Mario Monti en Italie (or le fait que des millions de manifestants s’y opposent) contribuent à l’austérité qui saigne davantage ces pays malades.

 

Pourtant les dites banques ont reçu 500 milliards d’euros de la BCE de prêt à Noël et encore 500 milliards début mars. Soit 1000 milliards qu’elles ont … re déposé à la BCE à 0,5 %. Incroyable mais vrai ! Ce qui n’empêche pas les dites banques de redemander 150 milliards déjà… tellement leurs comptes sont menacés. La BCE jette des steaks aux requins pour « rassurer les marchés » : peine perdue, ceux ci sont insatiables. Et les banksters qui dirigent tout ça ne se privent pas, de continuer à gouverner tout cet argent; exactement comme avant,  en jouant à casino, avec des ratios restés immuables contre l’emploi, contre la croissance, et avec des produits dérivés de l’enfer des caves à subprimes…C’est le système tout entier qui est en cause et qui implose.

 

Sarkozy, en duumvirat avec Merkel, c’est l’exécutant de tout ça, c’est SON système, SES amis banquiers, SA politique, SA dette, SA crise, il est là, à tenter de se faire ré élire, non pour protéger les citoyens des banksters, mais pour protéger les banksters des citoyens.

 

Un « pare-feu » inflammable

 

Les ministres des Finances de la zone euro se gargarisent du terme « pare-feu ». Il suffit pourtant de se poser la question pour constater la supercherie : a-t-on jamais vu un pare-feu en bois inflammable ? C’est pourtant bien de cette matière que sera fait le pare-feu. Il ne s’agit en rien de mettre un rempart de béton pour arrêter l’incendie mais de donner du bois à brûler aux marchés financiers (quelques centaines de milliards d’euros en l’occurrence) en espérant que cela arrêtera l’incendie.

 

L’enfance de ces ministres des Finances a du être bien triste s’ils n’ont jamais entendu parler du loup et des trois petits cochons.  Ce n’est pas un pare-feu en bois qu’il faut construire mais un pare-feu en briques (réfractaires) pour arrêter l’incendie.  Quand les principaux acteurs de cette tragédie changeront-ils  et quand des nouveaux dirigeants comprendront-ils qu’il est vain de « rassurer » les marchés mais qu’il faut les mettre au pas ?

 

 

 

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Published by UMA76 - dans Gérard Filoche
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