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MLG76

Blog des militants socialistes de Seine-Maritime qui se reconnaissent dans la motion "Maintenant la Gauche !" déposée par Emmanuel MAUREL lors du Congrès de Toulouse du Parti Socialiste.

 

contact : MaintenantLaGauche76@yahoo.fr

 

 

  

 

Vive La Gauche 76

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 08:50

Francois-Hollande-Jean-Luc-Melenchon.jpg

 

Tous deux militants socialistes, Johann Cesa, porte-parole de l'Offensive Socialiste (MJS) et Jean-François Claudon, historien de la gauche, suggèrent un débat public entre François Hollande et Jean-Luc Mélenchon pour parvenir à une véritable union de la gauche et ainsi augmenter les chances de battre Nicolas Sarkozy.

 

La dynamique unitaire à gauche recèle de nombreuses vertus. La dernière en date constitue l'annonce, plus précoce que prévue, de la mue prodigieuse du président candidat en candidat président. On l'a dit et redit, l'entrée de Sarkozy en campagne est un non-événement, mais même les commentateurs les plus proches du pouvoir sont contraints d'admettre que ce sont bel et bien les progrès de la gauche qui ont chamboulé le calendrier de Sarko. 

La première phase de la campagne présidentielle, qui s’est articulée autour de la dénonciation du bilan de Nicolas Sarkozy, a donc porté ses fruits. François Hollande et Jean-Luc Mélenchon sont, à en croire les sondages, les principaux bénéficiaires du rejet que suscitent Sarko et sa bande, puisque les intentions de vote en leur faveur ont fait un bond de deux à trois points en quelques semaines. Les discours unitaires que reprennent Hollande et Mélenchon, depuis le début de cette année 2012, ne sont pas pour rien dans leur remontée actuelle. C'est François Hollande qui a sonné la charge lors de son discours du Bourget où il n'a pas hésité à désigner son véritable ennemi, ce « monde de la finance » aux yeux duquel Sarko n'est qu'un simple outil jetable après emploi. Poussé par le « phénomène » Mélenchon, le candidat des socialistes a été contraint de quitter le positionnement modéré auquel le prédisposaient son entourage pour le moins droitier et l'orientation qu'il avait défendue pendant les primaires, afin de retrouver une position centrale, au cœur de la famille socialiste.

UNE GAUCHE UNIE

Nos deux candidats le savent : rien de beau, rien de grand ne s’est fait dans ce pays sans l’unité de toute la gauche. C’est au sein de notre camp que se prépare l’alternative à Sarkozy et non dans une aventureuse alliance avec le prétendu « centre ». 

François Bayrou n’apparaît plus comme le candidat de substitution de la bourgeoisie que pour quelques députés UMP, bien plus effrayés par l'éventuelle perte de leur circonscription que par la radicalisation à droite du discours du président-candidat. Les deux candidats de la gauche ont bien raison, les rares fois où ils se décident à parler de Bayrou, de le classer à droite. Le programme de Bayrou ne diffère de celui de l'UMP que par son positionnement tactique, au cœur de l'échiquier politique, qui confère au président du Modem sa force potentielle et son incroyable fragilité : il n'a comme espace politique que celui que l'on veut bien lui laisser. 

Preuve en est que, dans les derniers mois, Bayrou n'a grimpé dans les sondages qu'en raison de la malencontreuse main qu'Hollande lui avait tendue... et à son détriment qui plus est ! Drôle d'allié que celui qui vous prend des voix, dilue votre programme et ne vous donne rien en retour... Le candidat PS, harcelé sur ce point par les camarades du FdG, mais aussi par sa propre aile gauche, semble avoir renoncé à ce rapprochement avec le ballon de baudruche du « centre ». Le PS doit tirer les leçons du dernier scrutin en réaffirmant ses alliances, en débattant sereinement avec le reste de la gauche et en considérant M. Bayrou comme ce qu'il est, à savoir un honnête homme de droite. 

Le candidat socialiste qui frise encore la barre des 30 %, celui du Front de gauche suscitant un enthousiasme grandissant, l'espace politique du centre qui fond comme neige au soleil, l'ennemi public n° 1 des travailleurs de ce pays entrant enfin en campagne... Pas de doute, la situation objective incite Hollande et Mélenchon, malgré et parfois contre leurs calculs, à se rapprocher. Lorsque le premier dit clairement que s’il n’est pas au deuxième tour, il appellera à voter pour le candidat de la gauche le mieux placé et que le second, renonçant à son pêché-mignon, se résout à ne plus taper sur ses anciens camarades socialistes, l’effet sur le salariat est immédiat. 

Si la gauche fait tout à la fois front commun contre son ennemi historique (la finance), son adversaire naturel (la droite) et son rival nationaliste (le FN), elle entraîne, elle rassemble, elle impulse une dynamique bien plus efficace que la simple addition des voix des deux hypothétiques « familles » politiques que constitueraient au choix, en fonction du point de vue, la gauche raisonnable et les « exagérés » ou le bloc révolutionnaire et la gauche « molle ». La preuve ? Les deux principaux candidats de notre camp ne se volent pas de voix. Bien au contraire, ils en gagnent ensemble. S'il maintient le cap, Hollande crédibilise le vote Front de gauche, tandis que la montée de Mélenchon confirme la place du PS comme pivot de la nouvelle majorité qui s'ébauche progressivement. L'unité PS-FdG densifie le programme de notre camp et fait progresser chacun de ses deux candidats.

UN COMBAT

A notre sens, l'unité est en effet une nécessité, mais également, aujourd'hui comme hier, un véritable combat. Les tentations social-libérales de l'aile droite du PS, si elles se cristallisaient en une orientation politique durable, seraient funestes pour l'ensemble de la gauche. Et Hollande n'a pas forcément besoin de Moscovici ou du Nouvel Obs pour se laisser aller, si la gauche socialiste n'est pas suffisamment attentive, à des errements qui l'éloignent du cap fixé au Bourget. 

N'est-ce pas le candidat PS qui a assuré, dans une interview au Guardian, que le monde de la finance n'avait « pas de crainte à avoir » d'une gauche qui, au pouvoir pendant quinze ans, avait « libéralisé l'économie et ouvert les marchés » ? N'est-ce pas Hollande qui, dans le même entretien, a doctement expliqué qu'il n'y avait « plus de communistes en France » aujourd'hui ? Mélenchon n'est pas en reste quand il stigmatise à Nantes les quatre « Dalton de l'austérité », laissant à Hollande le choix d'être Jack ou William, ou quand il dénonce à Villeurbanne le« social-libéralisme » de son compétiteur socialiste. Et que dire des blogueurs sectaires du PG qui attaquent frénétiquement sur la toile les dirigeants de la gauche du PS, en premier lieu Gérard Filoche, à qui le « programme partagé » du FdG doit tant ?

RASSEMBLER

Ces petites phrases assassines n'ont pas leur place à gauche, car la dynamique unitaire qui se met en branle, si elle présuppose le droit absolu à la critique en son sein, impose que la formulation des divergences soit honnête, c'est-à-dire fondée sur les faits. Cesser les invectives ne signifie pas, à notre sens, se résoudre à un débat aseptisé et conformiste dont le tout-sauf-Sarko serait le sésame, mais au contraire assumer les divergences programmatiques afin de tenter de les aplanir. 

Ce qui nous rassemble est mille fois plus fort que ces petites piques politiciennes. C'est une nécessité impérieuse pour la gauche que d'élever le débat. Et les états-majors l'ont bien compris, eux qui s'ingénient d'un côté à minimiser la portée de la déclaration de Hollande visant à rassurer la City et de l'autre à éteindre la polémique attisée dans les rangs du FdG sur le mépris présumé du PS à l'égard de ses alliés communistes. 

Le pas décisif vers un rassemblement de la gauche peut et doit se manifester par un vote commun et unanime, ce mardi, contre le Mécanisme Européen de Stabilité financière (MES). Ce piège grossier tendu par les droites franco-germaniques, qui rendrait impraticable toute politique de relance par l'avènement d'une « règle d'or » budgétaire, doit être déjoué par l'ensemble de notre camp afin que le gouvernement de gauche issu des élections soit en position de force pour renégocier le traité européen en cours d'adoption. Pour Merkozy, qui jubile à l'idée de diviser la gauche, ce serait l'effet boomerang assuré. Sachons saisir cette chance en appelant tous les parlementaires de gauche à voter contre ce nouveau plan de sauvegarde de la finance.

UN DÉBAT PUBLIC

C’est pour toutes ces raisons que nous pensons qu’il est à la fois urgent et nécessaire de confronter nos deux candidats principaux lors d’un débat public. Urgent, puisque les jours qui nous séparent du premier tour commencent à être comptés et qu’un tel débat aurait des effets forcément positifs sur le score cumulé de la gauche. 

Bien plus efficaces que les meetings convenus de l’entre-deux-tours, cela permettrait de consolider dès maintenant l'unité concrète de toute la gauche et d'enclencher un rouleau-compresseur électoral qui éliminerait « l'original » au soir du premier tour et « la copie » le 6 mai prochain, sans subir les pressions d'un centre devenu moribond, puisque totalement marginalisé par la claire affirmation de l'union de la gauche. 

La perspective d'un débat public en son sein est également nécessaire pour préparer l'avenir. De la confrontation d’idées, de l’opposition constructive, des avancées programmatiques permettant de construire un plan d’urgence démocratique, social et environnemental : voilà ce que désire le peuple de gauche quand celui de droite se complaît dans les luttes de personnes. C'est en débattant sur quelques mesures fortes destinées à devenir les premières de la prochaine législature que la gauche réalisera dans les faits les aspirations idéales et encore confuses de l'ensemble du peuple de gauche. Au lendemain des primaires citoyennes, un appel de cette nature a été initié par Jean-Luc Mélenchon. 

Pour l’heure, même s'il est probable que la perspective d'un tel débat soit majoritaire dans nos rangs socialistes, aucun des dirigeants de notre Parti n’est allé dans ce sens. Tous l’ont refusé, et François Hollande le premier en arguant que son « seul adversaire, c’est la droite », et qu'il ne veut pas « [s]e confronter avec un futur allié du second tour ». Mais qui sera au second tour ? La qualification de notre candidat socialiste est-elle à ce point assurée ? En démocratie, personne ne peut présager de l’avenir.

EN FINIR AVEC LE SORTANT

A ce titre, toute consigne de vote absolue et exclusive nous paraît de plus en plus vaine, puisque le choix des salariés, quoique déterminé sur le fond par des critères objectifs, se formalisera suite à une appréciation individuelle de la situation. Cela étant, que l'on soit électeur de Jean-Luc Mélenchon ou de François Hollande au premier tour, on veut la même chose : en finir avec le président sortant pour transformer la société. 

Nous ne sommes pas de ceux qui culpabilisent le peuple de gauche à coup de slogans du type « vote utile » et nous condamnons en retour les sectaires qui vouent aux gémonies les « traîtres » qui ne votent pas pour Mélenchon. 

Nous nous contentons d'affirmer deux choses. Tout d'abord, comme de nombreux camarades de la gauche du PS, nous pensons que ce dilemme légitime entre programme et efficacité politique est finalement secondaire, puisque la réalisation, même partielle, du véritable programme partagé de toute la gauche est subsumée à la nécessité impérieuse de chasser Sarkozy et sa bande du pouvoir. 

Avec Hollande à l'Élysée, le socle de notre programme commun (retraite à 60 ans, défense des 35 heures, smic à 1700 euros) a au moins des chances d'être mis en œuvre, tandis que nous sommes sûrs qu'il restera lettre morte si la droite repasse pour cinq ans. 

Notre seconde certitude est la suivante : il faudra que toute la gauche se rassemble derrière le candidat le mieux placé à l'issue du premier tour, et qu'aucune voix ne manque au soir du second pour écraser Sarko et donner au mouvement social toutes les chances de pousser en avant le gouvernement de gauche. 

Les arguties tactiques sur le « vote utile » ou sur son corrélat qu'est le « vrai vote de gauche » doivent laisser place nette à cette vérité supérieure : il faudra un Hollande en tête et un Mélenchon bien placé le 22 avril prochain pour se débarrasser définitivement de la droite et avancer vers le socialisme. 

-> http://offensivesocialiste.wordpress.com

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