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MLG76

Blog des militants socialistes de Seine-Maritime qui se reconnaissent dans la motion "Maintenant la Gauche !" déposée par Emmanuel MAUREL lors du Congrès de Toulouse du Parti Socialiste.

 

contact : MaintenantLaGauche76@yahoo.fr

 

 

  

 

Vive La Gauche 76

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 07:40

Article de Jean-Jacques Chavigné

 

 

Dans son discours aux jeunes de l’UMP à la porte de Versailles, le 31 mars, Nicolas Sarkozy, annonçait qu’il créerait une « banque de la jeunesse » s’il était élu.

Il cherchait ainsi à répondre à la proposition de François Hollande de mettre en place une allocation d’études et de formation, sous conditions de ressources. Le but de cette allocation est de répondre aux besoins d’autonomie des jeunes et leur permettre de continuer leurs études sans être obligés d’occuper un emploi salarié.

Mais la proposition de Nicolas Sarkozy, sous prétexte de refuser l’ « assistanat » consiste à livrer la jeunesse aux banques.

Ce qu’il propose aux jeunes c’est de financer leurs études avec des prêts bancaires, pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois « sans conditions de ressources et cumulables avec les bourses ».

Aucune « banque de la jeunesse » ne serait créée. Il s’agit de l’habituel effet d’annonce de Sarkozy. Seul serait mis en place un système de caution destiné à garantir une partie du remboursement des prêts bancaires. En 2008, Valérie Pécresse avait déjà proposé une mesure de la même espèce : un prêt étudiant garanti à 70 % par l’État, avec un montant maximal de 15 000 euros et la possibilité d’un remboursement différé. L’objectif fixé par Valérie Pécresse était de 40 000 prêts fin 2009. Les étudiants ne s’étaient pas précipités pour autant : fin 2011, seuls 27 000 prêts avaient été signés.

Le prêt proposé par Sarkozy devrait être remboursé lorsque les jeunes auraient un travail. La caution apportée par l’État ne changerait rien à l’affaire. Elle ne serait que partielle et, surtout, une caution qui a remboursé un prêt à la place de l’emprunteur a toujours la possibilité de se retourner contre ce dernier et d’exiger, à son tour, d’être remboursée. Un boulet au pied à traîner, de toute façon, pendant une dizaine d’années.

L’entourage de Sarkozy affirme que les remboursements seraient « modulables » et qu’en-dessous de 1,3 Smic par mois, le remboursement ne devrait pas excéder 7 euros par mois. C’est un mensonge de plus. A ce rythme là, il faudrait 215 ans pour rembourser un prêt qui auraient permis de disposer de 500 euros par mois pendant 3 ans !

Ce que propose Sarkozy c’est de livrer les jeunes de notre pays aux banques, comme le sont aujourd’hui les jeunes Américains. Selon la Réserve fédérale des États-Unis, la dette des étudiants américains s’élève à 1 000 milliards de dollars (750 milliards d’euros, plus du tiers du PIB de la France en 2012 !). En 2007, cette dette s’élevait à 500 milliards d’euros. Elle s’élèvera à 1 400 milliards d’euros en 2020. Ce n’est pas 7 euros ou 10 dollars par mois que ces jeunes doivent rembourser une fois qu’ils ont trouvé un travail mais 20 % (en moyenne) de leurs salaires mensuels.

Cette fuite en avant dans le crédit est de la même veine que celle qui avait provoqué la crise des « subprime » aux États-Unis. Sarkozy est, décidément, incapable de tirer la moindre leçon de la crise 2007-2008.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 23:04

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Article de Jean-Jacques Chavigné

 

Nicolas Sarkozy, le dimanche 29 janvier a conclu son discours fleuve par les mots « vérité et courage ». Les termes de « mensonges et lâchetés » auraient beaucoup mieux convenu à l’exercice auquel il venait de se livrer.

Mensonges

Mensonge quand il annonce qu’il est là en tant que président et non pas en tant que candidat, tout en permettant au candidat d’imposer sa présence sur 8 chaînes de télévision.

Mensonge quand il affirme que l’Europe n’est plus au bord du gouffre alors que l’insolvabilité de la Grèce et du Portugal, fortifiée par les plans de rigueur à répétition qui leur ont été infligés, s’apprête à contaminer l’Italie et l’Espagne.

Mensonge quand il affirme qu’il n’est pour rien dans la crise actuelle alors que cette crise est le produit direct de l’austérité imposée aux pays européens par les dirigeants européens dont il est, avec Angela Merkel, l’un des deux chefs de file. Comment vendre les produits fabriqués en France en Espagne, en Italie, en Grèce, au Royaume-Uni, en Irlande, en Espagne, alors que dans tous ces pays, les plans d’austérité à répétition se traduisent par des baisses de salaires et l’envolée du chômage de masse ?

Mensonge quand il affirme que le salut est dans la compétitivité et que le modèle c’est l’Allemagne. La récession qui gagne toute l’Europe frappe également l’Allemagne dont l’excédent commercial provient à près de 85 % de ses échanges avec l’Union européenne.

Mensonge quand il affirme que l’augmentation de 1,6 point du taux de TVA qui passera de 19,6 % à 21,2 % permettra, en baissant de 13,6 milliards les cotisations familiales payées par les employeurs d’accroître la compétitivité des entreprises françaises à l’exportation. 
Pourquoi ? Tout simplement parce que les employeurs augmenteront d’autant leurs prix même si Sarkozy ne « croit pas que les prix augmenteront. ». Il n’aurait pourtant qu’à se référer à une expérience pas si lointaine : la baisse de la TVA des restaurateurs qu’il a lui-même mise en place. A quelques rares exceptions près, les restaurateurs n’ont pas changé leurs prix, n’ont pas embauché et ont empoché la différence. Lui même, en 2007 ne repoussait-il pas l’idée d’augmenter la TVA en affirmant « elle aurait pour effet de réduire le pouvoir d’achat des Français » ?

Mensonge quand il affirme que la compétitivité de l’Allemagne vient d’un coût du travail inférieur au coût français. Pour l’INSEE, le prix du travail est un peu plus élevé en Allemagne qu’en France. Ce qui change, ce sont la qualité des produits due, en grande partie, aux sommes dépensées par le secteur privé pour la recherche et le développement qui sont, en Allemagne, le double de ce qu’elles sont en France.

Mensonge quand il essaie de nous faire croire que le « capital » sera lui-aussi mis à contribution par son 3ème plan de rigueur. Les 2 points d’augmentation de la CSG sur le patrimoine laisseront intacts les profits spéculatifs des sociétés mais frapperont les économies des salariés. Quand à la taxe financière, elle est dérisoire. Elle rapportera au mieux 1 milliard d’euros en année pleine, très loin de la taxe présentée le 14 septembre 2011, par le ministre français chargé de la Coopération au G20 Finances de Washington, qui devait rapporter entre 25 et 45 millions d’euros.

Mensonge quand il présente l’apprentissage comme solution au chômage. Il s’agira avant tout d’offrir une main-d’œuvre bon marché au patronat et de changer la place de quelques milliers de jeunes dans la file d’attente pour l’emploi.

Mensonge quand il affirme que construire 30 % de plus de logement pour un bien foncier permettra de baisser le prix des loyers. En quoi la possibilité d’ajouter un garage ou un étage à une maison particulière pourrait-elle bien faire baisser les loyers ? En quoi la possibilité de construire deux étages de plus à un immeuble influera-t-il sur le prix des loyers s’il ne s’agit pas de logements sociaux aux loyers encadrés ? Cela ne fera qu’augmenter le prix des terrains et les profits des promoteurs immobiliers. Il suffit de se référer à l’Espagne pour comprendre que construire des logements qui ne sont pas des logements sociaux conduit tout droit à l’impasse. Il y a aujourd’hui plus d’un million de logements inoccupés en Espagne alors que des millions d’Espagnols sans logement ou mal logés n’ont pas la possibilité de payer les loyers demandés par les promoteurs.

Mensonge, enfin, lorsqu’il affirme « J’ai le sens du ridicule ».

Le courage, en fait, c’est celui qu’il nous a fallu pour supporter, pendant 5 ans, son arrogance, ses coups contre nos salaires, nos emplois, nos retraites, notre environnement, nos conditions de travail et de vie.

Lâchetés

Lâcheté lorsque la prestation de Nicolas Sarkozy, le 29 janvier, est minutieusement agencée pour qu’il n’ait face à lui aucune opposition, aucune question embarrassante mais simplement des journalistes qui lui passent les plats. L’un d’entre eux, néolibéral convaincu, avait même été décoré de la Légion d’honneur par Sarkozy en personne, en 2004. François Hollande avait eu, lui, à répondre à une brochette de journalistes bien ancrés à droite et qui souriaient béatement ou frémissaient d’émoi quand Alain Juppé sonnait grossièrement sa charge contre le candidat du Parti socialiste.

Lâcheté lorsque Nicolas Sarkozy refuse d’assumer le clivage gauche-droite, alors même qu’il avoue, en baissant pudiquement les yeux, que son modèle est Margaret Thatcher. Margaret Thatcher, la « dame de fer » de la droite conservatrice anglaise qui, après avoir vaincu la grève des mineurs en utilisant les moyens de répression rodés en Irlande du Nord, avait interdit le droit de grève, bradé la presque totalité de l’industrie du Royaume-Uni et condamné au chômage et à la pauvreté plusieurs générations de Britanniques afin de laisser place nette pour la Finance, les banques et la City de Londres.

Lâcheté lorsqu’il affirme vouloir faire voter l’augmentation de la TVA en février mais ne la mettre en application qu’en octobre, de peur des effets de cette augmentation sur l’élection présidentielle.

Lâcheté quand il profite de la crise qu’il a lui-même suscitée pour prendre les salariés en otage, leur mettre un révolver sur la tempe et leur laisser le choix : « la bourse ou la vie » ou plutôt « ton salaire baisse ou tu te retrouves au chômage » au moyen des « accords compétitivité-emploi » qu’il veut nous infliger. Ce qui n’empêchera d’ailleurs pas le patronat d’imposer à la fois baisse des salaires et licenciements, comme ont eu à le subir les Conti (les salariés de Continental dans l’Oise) et ceux de bien d’autres entreprises.

Lâcheté quand il pioche sans l’avouer dans le programme de Hollande pour annoncer la création d’une banque de l’industrie.

Lâcheté lorsqu’il menace de pénaliser les collectivités locales qui assurent aujourd’hui la continuité du service public et les ¾ de l’investissement public sans lequel la récession que nous commençons à subir serait encore plus sévère.

Lâcheté quand il se refuse à tirer le moindre bilan de son quinquennat et ne nous dit pas un mot de ce qu’est devenu le « candidat du pouvoir d’achat » qui s’était présenté à l’élection de 2007. Aucun bilan de la mutation de celui qui affirmait « ensemble tout est possible » et qui n’a gouverné, du début à la fin de son quinquennat que pour les 1 % des Français les plus riches. Aucun bilan de l’action de ce Président qui annonçait qu’il fallait « travailler plus pour gagner plus » mais qui finit son quinquennat en voulant nous imposer de travailler moins pour gagner moins.

Lâcheté quand après avoir été au pouvoir pendant 10 ans (ministre de l’Intérieur, de l’Economie pendant 5 ans puis président de la République pendant 5 autres années), il se présente en challenger de François Hollande, fait comme s’il avait passé ces 10 années dans l’opposition et n’avait rien à voir avec l’augmentation de 30 points de la dette publique, les 4,7 millions de chômeurs (recensés), les 500 000 emplois industriels perdus.

Lâcheté lorsqu’il annonce que la fin des 35 heures et qu’il veut y mettre fin par des accords d’entreprise sans pour autant modifier la durée légale du travail pour que les employeurs (les véritables assistés de ce pays) puissent continuer à profiter des milliards d’exonérations sociales liées à la diminution du temps de travail.

Lâcheté lorsqu’il se réfugie derrière un soi-disant sommet social alors que ses décisions, notamment celle sur l’augmentation de la TVA, étaient déjà prises.

Lâcheté quand il veut nous faire croire que le changement c’est lui, alors qu’il est resté toujours le même, dur avec les plus vulnérables et à la botte de la Finance. Du boulier fiscal à l’augmentation de la TVA, c’est la même politique : celle que nous rejetterons en avril et en mai prochain.


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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 20:47

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Article de Jean-Jacques Chavigné

 

Avec la TVA « sociale », Sarkozy affirme avoir trouvé une mesure miracle. Augmenter de 3 ou 4 points le taux de la TVA permettrait, selon lui, de gagner sur tous les tableaux à la fois : augmenter les salaires directs, ne pas augmenter les prix, lutter contre les délocalisations, financer la protection sociale....

Il voudrait nous faire croire qu’en fin de règne il aurait trouvé le moyen de multiplier les petits pains alors qu’il s’agit là de son dernier cadeau au Medef et à ses amis du Fouquet’s.

L’UMP s’est, en vain, cassée la tête pour essayer de trouver une appellation (TVA sociale, TVA anti-délocalisation…) qui puisse camoufler la réalité de la mesure que veut imposer Sarkozy. Cette réalité est pourtant bien là, sous nos yeux : une augmentation massive de la TVA, le plus injuste des impôts et un transfert massif de revenus (33 milliards d’euros pour 4 points de TVA), du salariat au patronat.

Le Parti Socialiste a annoncé qu’une majorité de gauche abrogerait cette mesure dès son élection. En cherchant à nous infliger cette augmentation de la TVA, Sarkozy ne fait, finalement, qu’indiquer à quel point il est nécessaire de l’empêcher de nuire et pour cela de le chasser du pouvoir en mai prochain.

Augmenter les salaires directs grâce à l’augmentation de la TVA ?

Pour Sarkozy et le Medef, les cotisations sociales patronales diminueraient et seraient compensées par une hausse de la TVA. Les employeurs n’auraient donc pas d’autre urgence que d’augmenter les salaires directs.

C’est pourtant exactement le contraire qu’ils pratiquent depuis vingt ans : ils empochent toutes les exonérations de cotisations sociales qui se présentent mais n’augmentent les salaires qu’au compte-gouttes. Quelle raison y aurait-il pour que cela change ? C’est sans doute, d’ailleurs, ce qui explique le farouche soutien de Laurence Parisot au projet de Sarkozy.

Les prix n’augmenteront pas ?

Pour Sarkozy et le Medef, l’augmentation de 3 à 4 points de la TVA serait neutralisée par la diminution (de 7,5 points ou plus) des cotisations sociales patronales.

A moins que, comme en Allemagne (où 78 % des habitants se disent mécontents des conséquences de la hausse de 3 points de la TVA en 2007), les employeurs choisissent d’augmenter leurs prix de 3 ou 4 %. Qu’est ce qui les en empêcherait alors qu’ils ont toujours sauté sur la moindre occasion pour augmenter leurs profits ? Pour l’INSEE, les employeurs finissent toujours, d’ailleurs, par répercuter intégralement les hausses de TVA sur les consommateurs.

Le plus vraisemblable - et de loin - est donc que les salaires directs (nets) n’augmenteront pas, ou très peu mais que les prix augmenteront de 3 à 4 % et que le patronat empochera la différence sous forme de profits supplémentaires.

Lutter contre les délocalisations ?

Il faudrait pour cela que les prix des entreprises françaises n’augmentent pas. Nous venons de le voir, c’est un vœu pieux : les employeurs ont toujours choisi d’augmenter leurs marges bénéficiaires dès qu’ils le pouvaient. C’est d’ailleurs cet objectif qui les pousse à délocaliser.

Faire financer notre protection sociale par les pays dont notre pays importe les produits ?

Pour Sarkozy et Parisot, chaque produit importé serait frappé par l’augmentation de 3 à 4 % de la TVA. Cette augmentation irait donc alimenter la protection sociale de notre pays. Ce plan sur la comète suppose que les partenaires commerciaux de la France se contenteraient de lire le journal pendant qu’augmenterait le taux de notre TVA.

Les partenaires commerciaux de notre pays ne se contentent pourtant pas d’acheter les produits fabriqués en France, ils y vendent aussi leurs propres produits. C’est notamment le cas de l’Allemagne dont le taux de TVA n’est que de 19 % alors que le projet de Sarkozy augmenterait les taux de la TVA, en France, de 19,6 % à 22,6 % ou 23,6 %.

Pourquoi, dans ces conditions, l’Allemagne et les pays qui exportent leurs produits en France résisteraient-ils à la tentation d’augmenter également leurs taux de TVA pour faire participer les consommateurs français au financement de leur propre protection sociale ? A moins de penser que la France puisse vivre en autarcie et produire tout ce qu’elle consomme.

En augmentant la TVA, Sarkozy ne ferait qu’allumer une nouvelle guerre fiscale en Europe.

Un tour de passe-passe aux dépens des salariés.

Ce que veut nous imposer Sarkozy est, en réalité, un tour de passe-passe : baisser les cotisations patronales et financer la protection sociale en augmentant la TVA payée essentiellement par les salariés, retraités, demandeurs d’emplois qui représentent 93 % de la population active de notre pays.

En effet, la TVA est l’impôt le plus injuste qui soit : il frappe du même pourcentage d’imposition le pauvre comme le riche. Son taux est aujourd’hui, pour la très grande majorité des produits et services, de 19,6 %. Pour tout achat de 12 euros, c’est 2,3 euros de TVA qui sont prélevés et versés à l’Etat par le commerçant chez qui l’achat a été fait. 2,3 euros pour le bénéficiaire du RSA comme pour le PDG. ! Demain, avec ce que veut nous infliger Sarkozy, ce serait 2,7 ou 2,8 euros.

Pour le Conseil Économique et social, le taux d’effort demandé par le paiement de la TVA aux 10 % des ménages les plus pauvres est de 8,1 % de leur revenu et celui des 10 % les plus aisés de 3,4 %. Cela se comprend aisément : plus un ménage est riche, plus la part de son revenu destinée à la consommation diminue et plus la part destinée à l’épargne augmente.

Un plongeon encore plus profond dans la récession

Au moment où l’INSEE annonce que la France entre en récession, augmenter les prix à la consommation, c’est ajouter un 3ème plan d’austérité aux deux premiers, diminuer encore la demande et accentuer le plongeon dans la récession.

Une fragilisation de notre protection sociale

Ce qui garantit aujourd’hui le financement de notre protection sociale (assurance-maladie, retraites, assurance-chômage, allocations familiales…) c’est l’obligation légale que les cotisations sociale soient affectées à la protection sociale et uniquement à la protection sociale.

Il n’en va pas du tout de même de l’impôt dont le Parlement décide souverainement de la destination. Si nous laissions dépendre le financement de la protection sociale de la TVA, c’est-à-dire d’un impôt, il ne faudrait pas nous étonner si demain, cet impôt servait à tout autre chose qu’à financer nos retraites ou notre assurance-maladie : à financer, par exemple, le remboursement de la dette publique, un nouveau plan de sauvetage des banques ou la construction d’un nouveau porte-avions.

C’est le capital qui coûte cher, pas le travail

Sarkozy reprend le refrain de tous les néolibéraux : le travail coûte trop cher.

Il essaie tout d’abord de faire croire que le coût de la protection sociale repose sur les salariés. C’est totalement faux, les salaires ne servent que de base de calcul des cotisations sociales et, lorsque les cotisations sociales patronales augmentent, les salaires nets perçus chaque mois par les salariés ne sont pas impactés, les profits patronaux sont les seuls à être taxés.

Il essaie, ensuite, de nous faire croire que le coût du travail est le seul facteur à prendre en compte pour assurer la compétitivité d’un pays.

Pourtant, le salaire moyen allemand (salaires + cotisations sociales) est plus élevé que le salaire moyen français. Si l’Allemagne est plus compétitive, c’est parce que son tissu industriel, sa formation, sa recherche sont plus performants qu’en France.

Pourtant, le cours de l’euro pénalise les exportations des pays de la zone euro. Entre 2001 et 2011, le cours de l’euro par rapport au dollar a augmenté de 44 % (de 0,9 à 1,3 dollars pour un euro). Ce n’est pas une augmentation de 3 ou 4 % de la TVA qui compenserait cette surévaluation insensée de l’euro.

Pourtant, il n’y a pas que le coût du travail dans le prix d’un produit ou d’un service, il y a aussi le coût du capital. Et ce coût a augmenté de façon exorbitante. Entre 1982 et 2007, le montant des dividendes versés aux actionnaires a augmenté de 5,3 points de PIB : de 3,2 % à 8,5 % du PIB. Selon Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, ce montant dépasse aujourd’hui 9 % du PIB. Selon Michel Husson, économiste à l’IRES, en 1980, les dividendes représentaient 4,2 % de la masse salariale et cette proportion est passée à 12,9 % en 2008. Autrement dit, les salariés travaillaient 72 heures par an pour les actionnaires en 1980 et 189 heures en 2008.

Il suffirait de baisser le montant des dividendes pour que les prix diminuent radicalement. Madame Parisot, tirez la première !

Le sommet social de Sarkozy : un leurre

Sarkozy prétend organiser, le 18 janvier, un sommet social avec les syndicats. En affirmant, en même temps, à propos de l’augmentation de la TVA « Nous allons la proposer aux syndicats lors du sommet social » et « Nous allons la faire et nous allons la faire avant la l’élection présidentielle », la ministre du Budget, Valérie Pécresse avoue que ce sommet social n’est qu’un leurre et que quoi qu’il arrive, Sarkozy fera ce qu’il a décidé de faire.

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 18:20

http://blogs.rue89.com/sites/blogs/files/assets/image/2011/12/mes-merkel-sarkozy-contenu.jpg

 

Article de Jean-Jacques Chavigné

« Rassurer les marchés », décidément cela ne fonctionne pas.

 

Mai 2010 : la Grèce

Le 7 mai 2010, le conseil européen valide un plan de sauvetage de 110 milliards d’euros (Union européenne et FMI) des banques et des assurances créancières de la Grèce.

Le 6 mai, sur RTL, le ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner déclare : « Est-ce qu’il faudrait arrêter l’Europe ? Que la Grèce reprenne la drachme ? Ce serait d’abord une très grosse faute pour eux, ce serait ensuite pas supportable sur le plan européen ».

Dans la nuit du 9 au 10 mai 2010, pour rassurer les marchés et éviter que la crise grecque ne s’étende à l’Irlande ou au Portugal, l’Union européenne crée le Fonds européen de stabilité financière (le FESF) doté, en théorie, de 440 milliards d’euros.

Novembre 2010 : l’Irlande

Hélas ! En novembre 2010, les taux auxquels les marchés prêtent à l’Irlande atteignent 9 %, un niveau totalement insupportable pour le budget irlandais comme pour tout autre budget.

Pour sauver les banques et les assurances créancières de l’Irlande, le FESF, l’Union européenne et le FMI accordent, le 21 novembre 2010, un prêt de 85 milliards d’euros à l’Irlande.

Selon les dirigeants européens, ce prêt rassure les marchés et écarte tout danger de contagion de la crise de la dette. François Baroin, Ministre du Budget et porte-parole du gouvernement Sarkozy précise qu’il n’y a « aucun risque » pour que la note de la France, son triple A, soit dégradée.

Mai 2011 : le Portugal

Hélas ! Après l’appel au secours, sur une chaine de télévision portugaise, du président de la deuxième banque portugaise, la banque Espirito Santo, le gouvernement portugais décide de faire appel à l’Union européenne et au FMI pour sauver les banques et les assurances créancières de la dette publique portugaise.

Le 4 mai 2011, le conseil européen valide le prêt de 78 milliards d’euros de l’UE et du FMI. Les dirigeants européens l’affirment de nouveau avec une grande fermeté : les marchés sont rassurés et le risque de contagion est définitivement stoppé.

Eté 2011 : la Grèce, l’Italie et l’Espagne

Hélas ! Pendant l’été 2011, craignant que la crise de la dette grecque qui a redémarré de plus belle ne s’étende à l’Espagne et à l’Italie, les marchés financiers se déchainent contre les obligations d’État de ces deux pays. Les taux de rendement de leurs obligations à 10 ans atteignent 5,5 %.

Pendant 15 jours les cours des principales places boursières européennes dégringolent. Les titres bancaires sont dans le collimateur des marchés, tout spécialement ceux des banques italiennes et françaises. Le 18 août, le titre de la Société générale, après plus d’une semaine de baisse, perd 12,3 % de sa valeur.

Interrompant leurs vacances d’été, Sarkozy et Merkel « sauvent une nouvelle fois l’Europe » en faisant voter par le conseil européen un nouvel accord, le 27 octobre 2011, validant un nouveau prêt de 110 milliards pour sauver les banques et les assurances créancières de la Grèce.

Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP déclare : « Aujourd’hui, la zone euro ressort grandie, avec des perspectives d’avenir claires et les Européens sont rassurés. L’accord trouvé est à la hauteur des attentes des citoyens et des défis futurs de la zone euro ». Le 27 novembre toujours, Nicolas Sarkozy triomphe lors de son show télévisé.

Novembre 2011 : la crise grecque de nouveau

Hélas ! Dès le lendemain les cours boursiers recommencent à dégringoler. Le 29 octobre, le premier Ministre Grec, Georges Papandréou, déclare qu’il va soumettre à l’accord du 27 octobre à un référendum et accentue la panique des marchés financiers. Sarkozy, oubliant les paroles de son ministre des Affaires étrangères le 6 mai 2010, menace la Grèce d’une sortie de l’euro et d’un retour à la drachme. Il faut dire que l’idée que les peuples aient leur mot à dire dans la crise de la dette publique l’a fait sortir de ses gonds.

Les marchés ne sont pas rassurés pour autant. Les cours boursiers continuent à dégringoler, particulièrement ceux des valeurs bancaires italiennes et françaises.

Aux grands maux, les grands remèdes. Les marchés ayant voté avec leurs bulletins de vote, les taux d’intérêt, Georges Papandréou et Silvio Berlusconi deux chefs de gouvernement issus d’une majorité élue au suffrage universel (quoi que l’on pense par ailleurs de ces deux personnages) sont expulsés du pouvoir et remplacés, à la mi-novembre, par deux anciens de la banque Goldman Sachs : Lucas Papadémos en Grèce et Mario Monti en Italie. Ils font aussitôt voter de nouveaux plans d’austérité par leurs parlements respectifs. Avec Mario Draghi nommé à la tête de la BCE les anciens de Goldman Sachs (la banque qui avait aidé le gouvernement Caramanlis à trafiquer les comptes publics grecs) se taillent la part du lion dans l’Union européenne.

Hélas ! Même avec les Goldman’s boys aux commandes, les marchés ne sont toujours pas rassurés. La valeur de l’euro bat de l’aile (ce qui en d’autres circonstances pourrait être une bonne nouvelle). La France est menacée de perdre son triple A. La droite accuse François Hollande, qui se contente pourtant de constater que les marchés considèrent depuis un certain temps que ce triple A est perdu, de torpiller la France. Le 25 novembre 2011, les obligations italiennes à deux ans se sont négociées à un taux de 7,8 % contre 4,6 % lors de la précédente émission. Avec l’échec cuisant d’une émission d’obligation allemande à 10 ans, le 23 novembre, c’est l’euro qui est maintenant dans le viseur des marchés.

Décembre 2011 : la crise de l’euro

Merkel et Sarkozy imposent alors un nouvel accord européen, le 9 décembre 2011. Cet accord tente d’infliger une « règle d’or » budgétaire à tous les pays européens. Cette règle de plomb, si elle était définitivement adoptée, signifieraient des plans d’austérité à répétition et un recul considérable de la démocratie en Europe. Avec le traité de Maastricht, les États européens avaient déjà perdu tout pouvoir sur la politique monétaire au profit d’une institution, la BCE, qui n’a aucun compte à rendre au suffrage universel. Avec le traité de Sarkozy et Merkel, les États signataires perdraient la plus grande partie de leur pouvoir budgétaire au profit d’une autre institution, la Commission européenne, qui n’a guère plus de compte à rendre au suffrage universel. La perspective d’une Europe fédérale, démocratique et sociale s’éloignerait encore.

Hélas ! Les marchés ne sont toujours pas rassurés. Les cours boursiers continuent à faire du yo-yo. Le triple A français paraît définitivement perdu et Sarkozy affirme maintenant que cette perte ne serait pas « insurmontable » : ce que la droite appelait, hier, torpiller la France. La crise de la dette accentue la crise bancaire, lourde d’une crise systémique, obligeant les six principales banques centrales du monde à mettre sous perfusion les banques européennes pour que leur approvisionnement en dollars ne soit pas interrompu et la BCE à leur accorder un crédit de trois ans pour un total de 489 milliards d’euro. L’Insee annonce que la France et l’Union européenne viennent d’entrer en récession.

La généralisation de l’austérité a généralisé la récession mais Sarkozy prépare déjà un 3ème plan d’austérité.

 

 

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 11:00

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Article de Jean-Jacques Chavigné

 

La vérité est que c’est l’État qui fixe lui-même (à la différence d’un ménage) ses propres moyens et que la droite a vidé consciemment les caisses publiques en diminuant les impôts des ménages les plus riches et des sociétés.

Selon le Conseil des prélèvements obligatoires (« Entreprises et niches fiscales et sociales », octobre 2010) : les 3 principales niches fiscales (elles concernent toutes les trois l’impôt sur les sociétés et avantagent les grands groupes), créées par la droite avant 2007, sont :

- Régimes des sociétés mères et filiales : coût de 34,9 milliards d’euros pour l’année 2009. 
- Régime d’intégration fiscale : coût de 19,5 milliards d’euros pour l’année 2009. 
- Niche Copé (taxation à taux réduit des plus-values à long terme provenant de cession de titres de participation : 8 milliards d’euros en 2009.

Pour ces trois niches fiscales : un manque à gagner de 62,4 milliards d’euros.

Si l’on ajoute le coût (selon la Cour des comptes) des 3 niches fiscales ajoutées par Sarkozy : 
- Heures supplémentaires : 4,5 milliards d’euros. 
- TVA réduite sur la restauration : 3,5 milliards d’euros. 
- Passage du bouclier fiscal à 50 % des revenus déclarés : 0,7 milliards d’euros.

Soit 8,7 milliards d’euros pour ces trois niches fiscales.

Au total pour les 6 niches fiscales : 71 milliards d’euros. A comparer avec le plan de rigueur de 8 milliards d’euros.

Il faudrait ajouter à cela la baisse de l’impôt sur le revenu due à la diminution du nombre de tranches (de 13 avant 1986 à 5 aujourd’hui), au passage de la tranche supérieure de 65 % (avant 1986) à 41% aujourd’hui.

Coût pour les finances publiques : 15 milliards d’euros en 2009.

Il ne faudrait pas oublier la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés (avant même les niches fiscales) : de 50 % à 34,6 % aujourd’hui.

Coût pour les finances publiques : 20 milliards d’euros en 2010 (Rapport de la Cour des comptes 2010).

Au total : 71 + 35 = 106 milliards d’euros en une année.

Niches sociales : 42 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales en 2009 (Rapport du Sénateur de droite Jean-Jacques Jégou au nom de la commission des finances du Sénat – 2010)

Intérêts payés aux détenteurs de la dette publique : 48 milliards d’euros en 2009.

Au total : 106 + 42 + 48 = 196 milliards d’euros en 2009 alors que le déficit public (État, Sécurité sociale, Collectivités territoriales, organismes centraux) s’élevait à 145 milliards d’euros.

Le rapporteur UMP, Gilles Carrez de la commission des Finances de l’AN estimait (en 2010) que les années 2000 à 2010 étaient : « 10 années de pertes de recettes non compensées ».

 

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