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MLG76

Blog des militants socialistes de Seine-Maritime qui se reconnaissent dans la motion "Maintenant la Gauche !" déposée par Emmanuel MAUREL lors du Congrès de Toulouse du Parti Socialiste.

 

contact : MaintenantLaGauche76@yahoo.fr

 

 

  

 

Vive La Gauche 76

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 18:57

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Jérôme Guedj, le député et président du Conseil général de l'Essonne s'oppose au Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG).

Voici son Interview publié sur http://tempsreel.nouvelobs.com :

 

 

Pourquoi êtes-vous décidé à voter non au traité européen ?

- J'ai indiqué dès le mois de juillet que je voterai non. Je m'y tiens. Les raisons sont exactement les mêmes que celles que nous évoquions déjà le 2 mars dernier, quand Nicolas Sarkozy nous avait présenté le même texte. Ce traité est une mauvaise réponse à la crise que traverse l'Europe. Le TSCG tourne le dos à l'origine des maux. Il dit que le seul mal dont nous souffrons est l'endettement trop important des Etats, et la mauvaise gestion des dépenses publiques. Il ne dit pas un mot sur la responsabilité des marchés financiers dans cette crise et sur l'absence de régulation. Il ne dit pas un mot non plus sur le rôle de la BCE qui doit soutenir les Etats, et sur la gouvernance au service de la croissance que doit adopter l'UE.

 

Selon vous, quelle Europe prépare ce traité ?

- Il s'agit d'un fédéralisme autoritaire à la Merkel. Je ne veux pas de l'austérité gravée dans le marbre. Elle empêcherait la relance keynésienne de la croissance qui est nécessaire pour sortir de la crise. Nous devons construire un autre type de fédéralisme, politique et social, sur une base démocratiquement élue.

 

Votre position est minoritaire à l'Assemblée. Le combat est-il vain ?

- Bien sûr que le traité va être ratifié. Je suis lucide sur la question. Mais il y a entre nous et le reste du PS une différence de stratégie. On a accepté pendant longtemps la politique des petits pas. On a avalé le traité d'Amsterdam, le TCE, le traité de Lisbonne, et chaque fois on nous disait que ça s'améliorerait après. On a vu ce que ça a donné. Nous voulons construire un autre rapport de force et poser d'ores et déjà les bases d'une renégociation du TSCG. En réalité il est déjà caduc, parce que ça va être impossible de tenir ce rigorisme budgétaire. Le débat va traverser le pays, il est normal qu'il ait lieu au PS, que le parti soit au diapason de la société.

 

Est-ce un désaveu de la politique du gouvernement?

- Sur le traité, c'est un non de soutien de la politique de Hollande. Pour le reste je fais partie de la majorité. Je voterai donc la déclaration de politique générale de Jean-Marc Ayrault, car je veux apporter mon soutien aux avancées de la politique de François Hollande, comme la taxation des transactions financières, la supervision bancaire, ou les project bonds destinés à soutenir la croissance. Je voterai également la loi organique sur la règle d'or, bien que je ne sois pas fan du principe. Mais je me sens engagé par la campagne de François Hollande. Je vais voter par solidarité et par discipline de groupe. On touche à la question fondamentale de l'engagement au sein d'une majorité. Mais il est vrai que j'ai des véritables interrogations dessus. Je ne suis pas sûr que le calendrier qui prévoit les 3 % de déficit dès 2013 soit souhaitable ou même réaliste. Il ne faudrait pas que le remède tue le malade.

 

Le PS vous a-t-il menacé de sanctions en cas d'opposition sur le vote du TSCG ?

- Très sincèrement non. Je me félicite de la façon dont le débat s'est déroulé dans le PS. Bernard Cazeneuve [ministre des relations avec le parlement, NDLR] est venu deux fois nous parler. Je n'ai eu aucun écho sur des pressions ou des injonctions envers nous. Je suis convaincu que le PS a moins besoin de discipline que de débat. Et puis personne n'a à gagner à réouvrir les fronts de 2005 au moment du référendum. C'était monté très loin à l'époque avec des gens qui nous avaient accusés d'être anti-européens. Nous sommes européens mais nous n'avons pas la même stratégie.

 

Votre combat s'arrête-t-il avec le vote du traité ?

- Non, une partie de l'aile gauche du PS a déposé une motion au congrès de Toulouse du PS. Notre texte est le prolongements de cette vision. Avec Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann nous voulons porter le débat dans le parti. Il ne s'agira pas de regarder en arrière. A ce moment le traité aura été voté. Mais le texte de la motion principale ne parle pas d'Europe. C'est donc à nous de mettre le thème sur la table. Il s'agit de définir quelle construction européenne nous voulons.

 

Interview de Jérôme Guedj, député et président du Conseil général de l'Essonne, réalisée le 18 septembre 2012, par Nicolas Chapuis - Le Nouvel Observateur.

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Published by UMA76 - dans Jérôme Guedj
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