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MLG76

Blog des militants socialistes de Seine-Maritime qui se reconnaissent dans la motion "Maintenant la Gauche !" déposée par Emmanuel MAUREL lors du Congrès de Toulouse du Parti Socialiste.

 

contact : MaintenantLaGauche76@yahoo.fr

 

 

  

 

Vive La Gauche 76

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 12:55
Défaite du second tour des départementales – Maintenant la Gauche appelle au sursaut

Communiqué de presse d’Emmanuel Maurel et de Maintenant la Gauche

Les résultats des élections départementales, après l’échec des municipales, exige de l’exécutif, du PS et de la gauche lucidité et sursaut. On ne saurait trouver des alibis pour atténuer la gravité de la situation, l’ampleur de la défaite et l’exigence de changement de cap.

Sur le terrain politique, comme sur le plan économique, il serait dramatique d’attendre sans réagir, au motif qu’un frémissement de certains indicateurs macro-économiques règlerait les graves problèmes qu’il nous faut surmonter.

Constater la désunion de la gauche et des écologistes en cherchant des boucs émissaires ne peut qu’accentuer les divisions. Alors même qu’il revient au PS, principal parti de la gauche et au Président de la République, élu grâce ã la mobilisation des électeurs de toutes ces forces, de proposer une stratégie et un contenu au rassemblement sans lequel aucune victoire n’est envisageable en 2017.

Après avoir appelé au rassemblement avant les élections et avec insistance entre les deux tours, il n’est pas possible, une fois les élections passées, de continuer comme si de rien n’était. C’est une question d’éthique politique mais aussi d’efficacité.

Le poids du Front national, même s’il ne se concrétise pas par la conquête de départements, est très alarmant. Le nécessaire combat moral et idéologique ne sera pas suffisant pour réduire le poids du FN.

Il est indispensable d’entreprendre la reconquête des couches populaires, de plus en plus nombreuses à ne plus voter et à ne plus voter à gauche ; Plus que d’autres, elles ont besoin d’une politique qui place la justice sociale, la relance du pouvoir d’achat et la création d’emplois au premier plan. Elles attendent des mesures immédiates et des perspectives d’avenir.

Le temps n’est pas aux calculs opportunistes, ni aux demi-mesures. De façon continue, « Maintenant la gauche » a fait des propositions, concrètes, sérieuses, qui pourraient servir de base à la discussion d’une plateforme de sursaut économique, social et républicain rassemblant toute la gauche et les écologistes.

Les socialistes ne peuvent plus attendre encore une fois un rebond venu d’ailleurs, ni se résigner à la défaite. Le temps presse désormais.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 21:31

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Chaque jour, la situation politique devient un peu plus confuse. Le Président de la République, le Premier ministre et le gouvernement apparaissent de plus en plus isolés. Les militants socialistes, quant à eux, sont désorientés, ne pouvant s’exprimer sur les choix politiques du gouvernement présentés comme incontournables. Ils sont invités à définir « l’identité socialiste » au cours d’états généraux, mais ces considérations, aussi intéressantes soient-elles, ne peuvent se substituer à l’indispensable débat d’un congrès.

L’essentiel aujourd’hui est en effet de permettre aux socialistes de choisir la politique concrète qui doit être menée immédiatement pour engager notre pays vers une sortie de crise, assurer le redressement dans la justice, faire reculer le chômage, la précarité, la pauvreté et les inégalités.

C’est dans cet esprit que notre courant Maintenant la gauche dépose, à l’occasion des états généraux, un manifeste pour une alternative à gauche, ici et maintenant. Car nous voulons que l’indispensable réorientation de la politique gouvernementale soit engagée au plus vite.

Nous n’acceptons pas cette fin de non-recevoir, sans débat, sans arguments sérieux du gouvernement, alors même que s’accumulent, selon leurs propres dire, des échecs.

Nous en appelons aux militants socialistes pour qu’ils se fassent entendre. Qui peut prétendre diriger le pays au nom des socialistes sans les consulter et les écouter ? Le débat n’a de sens que si des décisions suivent. Et le vote d’orientation d’un congrès est de ce point de vue essentiel.

Bon nombre de nos propositions partent des engagements pris pendant la présidentielle devant les Français. Ils n’étaient ni révolutionnaires, ni gauchistes, ni passéistes ! Et d’ailleurs, nous avons tous mis notre énergie à combattre l’argumentaire de Sarkozy et de la droite qui les qualifiaient d’irréalistes.

Nous appelons les socialistes à être fidèles à eux-mêmes, à leur projet, qui n’a pris aucune ride en deux ans tant notre environnement, la dégradation de la situation mondiale et européenne conforte l’exigence de changement et de justice que nous avons chevillée au cœur.

Face à la vague libérale qui déferle depuis 30 ans et aux idées réactionnaires voir fascisantes qui montent en écho, la réussite d’un gouvernement tient aussi à la mobilisation de ses soutiens, pour défendre et porter le changement. Le rassemblement, l’unité sont les talismans indispensables à la conquête comme à l’exercice du pouvoir à gauche. C’est un combat que « Maintenant la gauche » mène depuis sa création.

Nous vous demandons de diffuser largement ces propositions, de lancer des débats localement pour les populariser et pour montrer qu’un autre chemin est possible, qu’il est réaliste et concret.

Manifeste pour une alternative à gauche, ici & maintenant

 

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 21:28

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Le conflit social qui oppose une grande partie des cheminots à la direction de la SNCF est entré dans son neuvième jour. Cette situation pénalise autant les usagers des transports que les cheminots eux-mêmes au regard des journées non travaillées et de l’amputation qui en découlera sur leur salaires. Malgré des présentations détournées dans les médias nationaux (notamment du service public) à grand coup de micro-trottoirs qui n’apportent rien à l’information, il est bon de rappeler que les grévistes ne sont pas des privilégiés, qui ne veulent pas travailler mais uniquement protéger un « statut [supposé] anachronique ».

Nous ne prétendons pas que les grévistes et les syndicats aient systématiquement raison, loin de là mais considérer désormais qu’ils ont tort a priori commence à devenir problématique.

Le conflit actuel à la SNCF marque plus qu’un désaccord sur le fond, car chacun sait que la réforme du système ferroviaire est nécessaire ; elle trouve sa raison dans la perte de confiance dramatique entre le gouvernement de gauche et une partie toujours plus large de son électorat, perte de confiance qui amène à la radicalisation croissante d’une partie des agents.

Si une partie du gouvernement veut marquer son autorité par l’épreuve de force, cela ne peut déboucher que sur l’échec politique de la gauche et l’affaiblissement des syndicats  ; cela aboutirait à une insatisfaction et une instabilité sociale, qui se traduira peut-être pas dans des conflits sociaux spectaculaires, tant la lassitude des salariés est grande. Mais elle nourrira à coup sûr les désillusions qui fournissent les plus gros renforts à l’abstention et au vote FN.

Au-delà de ces considérations politiques, les grévistes et leurs organisations syndicales expriment des revendications, des interrogations et des inquiétudes parfaitement légitimes. Elles ont été traduites par une lettre commune de Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, et Gilbert Garrel, secrétaire général de CGT cheminots, adressée dès le 13 juin au Président de la République. Cette lettre reste sans réponse autre que l’affirmation de la détermination du gouvernement à présenter le projet de loi en temps prévu devant l’Assemblée Nationale.

Ces questions sont les suivantes :

1. L’inquiétude face à une réunification inachevée entre gestionnaire du réseau et transporteur, alors que le projet de loi conserve la séparation pour opérer sa réunification par une troisième structure ; cette solution, bien qu’issue d’un compromis arraché à la commission européenne avec l’aide de la Deutsche Bahn, peut légitimement interroger sur son efficacité opérationnelle ;

2. le poids financier des intérêts de la dette portée par le système ferroviaire – et issue des décisions politiques sur les investissements antérieurs, notamment la création des LGV, pour l’aménagement du territoire national, c’est donc une dette d’État – qui freinera les investissements et les travaux nécessaires à la qualité et la sécurité du réseau existant. Il manque 2 milliards d’euros par an ; c’est donc faire reposer l’essentiel de l’effort sur la productivité des cheminots, la tarification (donc les usagers, fret ou voyageur) et cela implique à terme l’abandon de certaines voies ;

3. le problème du ferroviaire réside aussi dans les effets de l’ouverture à la concurrence, depuis 2003. Dans ce contexte, plus de 500 gares FRET ont été fermées au niveau national. Ce recul est aussi la conséquence d’un choix politique. En effet, la SNCF ne peut à la fois équilibrer ses comptes dans un environnement concurrentiel et être compétitive face à un autre mode – le routier – qui n’est pas contraint d’assumer ses coûts externes.

Dans la nuit du 18 au 19 juin, trois amendements ont été adoptés : sur le caractère « indissociable » de l’entité réseau et de l’opérateur (avec un comité central d’entreprise) ; sur la garantie d’un employeur unique pour toute la structure pour éviter les différences de traitement ; enfin sur la référence à l’exercice de service public et au développement des territoires.

Ces avancées sont positives mais laissent entières les principales interrogations et inquiétudes qui existent autour de l’avenir du service public ferroviaire. Le Chef de l’État et le gouvernement se disent attachés au dialogue social ; il convient donc de le faire vivre sans stigmatiser ceux qui sont nos partenaires et de leur apporter les réponses aux questions posées. À défaut, le Parti Socialiste pourrait reprendre les termes de son communiqué du 3 février 2010 (joint ci-dessous) et l’envoyer au gouvernement pour mémoire.

 

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 20:47

 

Jérôme Guedj, ancien député PS et Président du Conseil Général de l'Essonne était invité sur le plateau de "Choisissez votre camp" sur LCI.

Il est revenu sur les alternatives que propose l'"Appel des 100" députés socialistes qui s'étaient abstenus sur le plan d'économies de Manuel Valls fin avril.

A quelques jours de la présentation en Conseil des ministres des collectifs budgétaires pour l’Etat et la Sécurité sociale, les frondeurs ont envoyé un texte aux Président, Premier ministre et premier secrétaire du PS.

 

 

http://appeldes100.fr/wp-content/uploads/2014/05/bandeausite.png

 

Les députés PS de l’« Appel des 100 » ont publié leur plate-forme budgétaire. Ils veulent cibler les aides aux entreprises et relancer le pouvoir d’achat ainsi qu'une réorientation substantielle des textes budgétaires de cette année et des années suivantes. 

Les auteurs de cette plate-forme entendent défendre ces mesures sous forme d’amendements aux divers textes concernés (collectifs, PLF 2015, PLFSS 2015) avec l’objectif de les faire voter. Ils comptent une centaine de parlementaires dans leur réseau mais n’ont été « que » 41 à s’abstenir sur la trajectoire budgétaire. Ils espèrent qu’en amenant le débat sur des mesures précises les appels de l’exécutif à resserrer les rangs porteront moins. 

 

 

http://appeldes100.fr


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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 13:03

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Les résultats des élections européennes en France constituent une alerte majeure pour les dirigeants de notre pays et de l’UE, ainsi que pour les responsables politiques.

Une alerte démocratique.
Le décrochage démocratique perdure, témoignant moins d’un désintérêt de nos compatriotes que d’une perception d’impuissance à peser sur les choix européens et les orientations politiques françaises et à faire prendre en compte leurs attentes, leurs besoins et une vision d’avenir pour leurs enfants.
Même si le taux d’abstention est en légère réduction, il demeure très préoccupant dans les quartiers populaires et massif au sein de l’électorat de gauche.

Une alerte politique.
Nul ne peut sous estimer la gravité de voir pour la première fois de notre histoire le FN en tête d’une élection dans notre pays. Cette situation exige des changements majeurs tant au niveau gouvernemental qu’au sein des partis politiques.
Le score historique du Front national met chacun devant ses responsabilités.
Les mauvais résultats du PS confirment une défiance persistante, voire accrue, à l’égard de la majorité gouvernementale. Les bonnes réponses aux avertissements lancés par les Français lors des municipales ne semblent pas avoir été apportées..
Depuis de longues années, le Parti Socialiste n’a pas su résorber la fracture entre ses dirigeants et ses électeurs comme avec le peuple de gauche sur la question de la construction européenne. La non tenue par François Hollande de ses engagements sur la réorientation de l’Europe a accru le désarroi de nos concitoyens, qui refusent la politique d’austérité et de concurrence généralisée.

Aujourd’hui, c’est toute la gauche qui est percutée par l’ampleur de la crise. C’est pourquoi le rassemblement des forces de gauche s’impose, autour d’objectifs concrets inversant rapidement les priorités et engageant le redressement du pays dans la justice.
Le PS, premier parti de la gauche, a une responsabilité particulière pour retrouver son rôle moteur dans ce rassemblement. 

Ses militants doivent pouvoir rapidement prendre la parole.

 

 

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 09:07

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L’Assemblée nationale a adopté hier le programme de stabilité présenté par le Premier ministre au nom du gouvernement par 265 voix pour, 232 voix contre et 67 abstentions dont 41 de la part de députés du groupe socialiste.

La dynamique engagée depuis plusieurs semaines au sein du Parti Socialiste pour souligner qu’il n’y a pas qu’une seule politique possible s’étend donc : 11 députés avaient décidé de s’abstenir lors de la déclaration de politique générale du nouveau Premier ministre, près d’une centaine d’entre eux s’étaient réunis pour proposer un « nouveau contrat de majorité ». Ce sont désormais 41 députés socialistes qui ont clairement signifié leur désaccord avec une orientation économique inspirée de politiques qui démontrent leur caractère inefficace dans toute l’Europe.

Maintenant la Gauche salue la cohérence et le courage de ces 41 élus socialistes qui ont, malgré les pressions, la dramatisation et les propos souvent outranciers, fait preuve de constance sur le fond et montré qu’une politique économique plus équilibrée est possible. Des coupes sombres dans les dépenses liées à la protection sociale et la réduction des capacités d’investissement public relèvent d’une logique erronée alors que l’atonie de notre économie appelle au contraire des mesures de relance substantielles. Les mesures annoncées risquent de plus d’impacter durement le pouvoir d’achat des ménages.

Face aux menaces floues mais répétées de dissolution de l’Assemblée, alors même que le gouvernement n’avait pas engagé sa responsabilité sur ce vote, ces parlementaires dont font partie les députés MLG ont fait preuve d’une grande responsabilité en demeurant fidèles au programme validé en 2012 par les électeurs.

Force est de constater que l’assise politique de la majorité est une nouvelle fois fragilisée avec une opposition claire des parlementaires du Front de Gauche mais aussi une prise de distance de plus en plus nette des députés écologistes comme de ceux du MRC.

Nous appelons l’ensemble des socialistes à retrouver le sens de la mise en œuvre des engagements du candidat François Hollande. Le pacte de responsabilité ne s’inspire pas de l’esprit de la campagne présidentielle ni du projet socialiste adopté à l’unanimité en 2011, pas même de l’orientation adoptée majoritairement par le PS lors du congrès de Toulouse.

Il n’y a aujourd’hui pas plus qu’hier une seule politique possible.

Il est urgent de redonner la parole aux militants en les consultant sur des choix de politique économique qui n’ont pas jusqu’ici été débattus au sein du parti majoritaire.

Maintenant la Gauche continuera à défendre des solutions concrètes et réalistes pour redresser notre pays dans la justice et réorienter de toute urgence la construction européenne, comme nous l’avons fait en présentant en 2013 un plan de relance écologique et sociale ou encore une contribution au débat autour de la réforme fiscale. La situation économique appelle une nouvelle étape de redistribution des richesses qui redonne du pouvoir d’achat aux Français et  alimente le carnet de commande des entreprises pour créer à nouveau des emplois. Nous serons aux côtés des députés socialistes qui ont démontré hier leur détermination pour la rendre possible.

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 19:27

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Chères et chers camarades,

Au lendemain de la défaite historique du PS aux dernières élections municipales, il nous paraît essentiel d’analyser lucidement la situation et d’en tirer de fortes conséquences. Il en va de l’avenir de la gauche, de celui de notre parti et, avant tout, de la crédibilité même du projet que nous avons présenté aux Français il y a 2 ans.

Si le Parti socialiste a traversé bien des crises dans le passé, sa situation est extrêmement préoccupante aujourd’hui, parce que, cette fois-ci, il se trouve  confronté simultanément à trois crises :

une crise électorale exceptionnelle, avec la perte de 10 villes de plus de 100 000 habitants et d’un tiers des villes de plus de 10 000 habitants, qui s’accompagne d’un début d’implantation du FN dans la gestion communale. Par ailleurs, l’éloignement des urnes atteint des sommets, avec près de 40% de Français qui se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul. Quant aux perspectives des prochaines élections (européennes, sénatoriales, régionales, départementales), elles sont, de l’avis général, assez sombres.

une crise de fonctionnement qui se prolonge, avec une évaporation des militants, de moins en moins nombreux, de plus en plus démotivés et de moins en moins formés, sans parler d’une procédure de désignation des dirigeants qui abaisse le rôle des militants.

une crise existentielle que l’on n’ose pas aborder de face, parce qu’elle conduit à poser la question dérangeante : à quoi sert le PS aujourd’hui ?

Cette dernière question résume bien la somme des interrogations à laquelle nous devons répondre aujourd’hui, si nous ne voulons pas connaître à nouveau les grands échecs du passé (1969, 1993, 2002). Il ne faut pas oublier non plus que les grands partis ne sont pas éternels : à gauche, les exemples du délitement du parti radical et du parti communiste sont là pour nous le rappeler.

La crise existentielle est accentuée par le poids du fonctionnement quasi régalien de la Vème République, que les socialistes n’ont pas réduit, malgré leurs déclarations (quand ils ne l’ont pas accentué, comme en 2000, avec l’instauration du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral). Les dernières décisions pilotées par l’Elysée en sont une nouvelle preuve éclatante.

La question « à quoi sert le PS aujourd’hui ? » doit maintenant être posée collectivement. L’objectif de ce travail sera de définir, sans se limiter à des formules incantatoires, le rôle du PS et les moyens qu’il doit se donner s’il veut être un acteur de ce changement tant annoncé et non le spectateur passif et désolé d’un scène où il n’a pas sa place.

Nous ne pouvons pas rester insensibles à l’interpellation de ces militants qui nous quittent en reprochant au PS de ne pas être un « outil de transformation de la société » et qui ne comprennent pas comment nous pouvons accepter sans trop réagir les changements de position sur des dossiers emblématiques (Europe, austérité,…)

La gravité de la situation exige que la parole soit donnée aux militants, ce qui sera la première étape pour leur rendre le pouvoir. Ils doivent intervenir à la fois sur le fond de la ligne politique, sur le fonctionnement démocratique et pluraliste de leur parti, ainsi que sur son rôle.

C’est pourquoi nous proposons la mise en place d’une direction collégiale, car il serait impensable qu’un changement de premier secrétaire se fasse sans que les militants aient pu en décider, ce qui suppose qu’ils puissent voter entre des candidatures alternatives claires.

Cette direction collégiale serait chargée d’organiser rapidement des Etats généraux  des socialistes, qui se saisiraient d’ici la rentrée des « cahiers de doléances et de propositions » transmis par les militants. A l’automne, un congrès viendrait conclure ce processus.

Au-delà de l’avenir du PS, c’est celui du pays et de la gauche qui se joue, car il faudra aussi trouver les voies de l’indispensable rassemblement des forces de gauche et des écologistes. Pour cela, il est essentiel et primordial que le PS redevienne ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un parti socialiste au cœur du peuple de gauche, capable de porter l’espérance des couches populaires.

 

Pour Maintenant la Gauche

Emmanuel Maurel

Marie-Noëlle Lienemann

                                                                                                                                    Jérôme Guedj

Paul Quilès, ancien ministre, et les membres du Bureau national du PS : Julien Dray, Anne Ferreira, Gérard Filoche, Marianne Louis, Jonathan Munoz, Jean-François Thomas

 

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 20:17

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Le premier secrétaire du Parti socialiste élu par les militants lors du congrès de Toulouse, Harlem Désir, vient de rejoindre l’équipe gouvernementale de Manuel Valls. La presse annonçait avant même sa nomination le nom de son remplaçant à la tête du PS : Jean-Christophe Cambadélis, choix qui n’aurait plus qu’à être ratifié par le Conseil national du 15 avril.

Cette méthode est inacceptable pour tous les militants attachés au fonctionnement démocratique du PS. Le CN devait permettre de faire un bilan lucide de la défaite et mettre en mouvement le Parti pour des élections européennes cruciales pour l’avenir de notre pays. Au lieu de cela, convoqué en semaine, il risque de se résumer à un chamboule-tout interne autour d’une pré-désignation alors que le choix d’un premier secrétaire relève d’un vote de l’ensemble des adhérents du PS.

Nous proposons une autre méthode : la mise en place immédiate d’une direction collégiale temporaire chargée d’organiser la campagne européenne. A l’issue de celle-ci, la direction collégiale redonnera rapidement la parole aux militants en les appelant à élire leur nouveau premier secrétaire. En effet, seuls les adhérents du Parti sont légitimes pour désigner leurs représentants dans les instances nationales et choisir l’orientation politique de notre mouvement.

Après avoir entamé l’analyse de la défaite des municipales, il reviendra au CN du PS de définir mardi prochain une méthode et un calendrier pour le faire.

Le PS appartient à ses militants qui ne sauraient être pris en otage dans des jeux d’appareils qui finissent par les décourager et nous affaiblir collectivement. La gravité de la situation politique appelle un premier secrétaire de plein exercice. Les socialistes ont besoin d’un parti fort et autonome, un parti qui reprenne toute sa place dans le débat public, pilier de la majorité pour faire réussir la gauche au pouvoir.

Pour Maintenant la Gauche

Emmanuel MaurelMarie-Noëlle LienemannJerome Guedj

et les membres du BN du PS : Julien DrayAnne FerreiraGérard FilocheMarianne LouisJonathan Muñoz

 


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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 21:15

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Monsieur le Président,

La  défaite est sévère. Son ampleur, son impact sur tout le territoire en dépit du travail de qualité des élus locaux, témoigne d’une volonté des électeurs de gauche de sanctionner les choix politiques engagés depuis le début du quinquennat.

Ce soir, c’est toute la gauche qui est pénalisée. Mais plus que nos partenaires écologistes ou communistes,ce sont les candidats socialistes qui subissent le plus durement le désaveu des urnes.

L’exécutif ne peut rester sourd au message des électeurs. Rien ne serait pire que de relativiser la gravité de la défaite. Rien ne serait plus dangereux que de se tromper dans l’analyse des causes de celle-ci. Le problème n’est pas « méthodologique », il est politique. Le sujet central n’est pas la demande d’autorité, il est le refus de l’austérité. Il ne s’agit pas d’ « envoyer des signaux de gauche » à notre électorat, il faut changer de cap.

 

Monsieur le Président,

Vous aviez fait du « redressement dans la justice » le mot d’ordre de votre campagne présidentielle. A juste titre, vous aviez pointé la responsabilité historique du monde de la finance dans les difficultés que traversent notre pays et notre continent. Vous aviez porté haut et fort l’exigence d’une réorientation de la construction européenne, en dénonçant le caractère néfaste des politiques d’austérité. Vous aviez rappelé avec force que « l’âme de la France, c’est l’égalité ».

Deux ans après, cette analyse nous paraît toujours aussi pertinente. Force est de constater que, parfois, les actes ont démenti les paroles. Certes, des réformes salutaires ont été entreprises. Certes, personne ne méconnaît la gravité de la crise et le lourd bilan laissé par Nicolas Sarkozy. Certes, l’éradication du chômage de masse requiert du temps et de la constance. Mais, comme nous le faisons inlassablement depuis des mois, nous vous exhortons à changer de cap.

Augmentation de la fiscalité indirecte, flexibilisation du marché du travail, réduction à marche forcée des déficits publics, baisse massive du coût du travail : nous ne contestons pas seulement ces solutions parce qu’elles risquent de fragiliser notre modèle social et nos services publics, nous les contestons parce qu’elles s’avèrent inefficaces pour relancer l’activité économique!

Comme vous, nous pensons que les Français attendent avant tout des résultats en matière d’emploi. Comme vous, nous pensons que nous serons jugés sur notre capacité à améliorer concrètement les conditions d’existence du plus grand nombre.

Aujourd’hui, c’est le pragmatisme qui impose d’être audacieux !

Parce que la chance sourit aux audacieux, parce que la France n’est jamais aussi grande que dans le sursaut, il est possible de démentir les résignés, les fatalistes et les pessimistes. Il n’y a pas qu’une seule politique possible.

Pour réussir une nouvelle étape du quinquennat, il faut remplir trois conditions.

 

1) A l’échelon européen, il est temps de desserrer l’étau des contraintes du pacte de stabilité. Concrètement, il s’agit dès demain d’engager le rapport de force avec la Commission en lui notifiant non seulement  l’impossibilité, mais surtout le refus respecter dans les délais les critères de déficit restrictifs qu’elle nous assigne. La réduction à marche forcée des déficits publics érigée en dogme est absurde en période de croissance atone, alors que c’est précisément l’investissement, et singulièrement l’investissement public qui soutient l’activité. L’austérité conduit l’Europe vers l’abîme tant elle réduit les protections de ses citoyens sans aboutir à un autre résultat qu’un dumping social qui ne dit pas son nom.  La politique monétaire est aujourd’hui plus un handicap qu’un atout, le libre-échange généralisé nous affaiblit. Les Français se moquent d’être présentés comme les mauvais élèves de l’Europe libérale. Au contraire, ils plébisciteraient un gouvernement qui se donne comme objectif d’être l’acteur déterminé de la réorientation du projet européen. Proposer un autre chemin pour l’Europe, jeter les bases d’une coalition progressiste contre l’austérité, voilà une façon de “réenchanter le rêve français”

2) Sur le plan intérieur, le temps est venu d’un tournant économique majeur. Plutôt qu’à la « politique de l’offre » et qu’aux coupes massives dans les dépenses publiques, la priorité doit revenir à la croissance, à l’emploi, au redressement productif. A l’évidence, la transition écologique doit en  être le  fil conducteur.

Le pacte de responsabilité est mort-né. Prenons acte de la position intransigeante du MEDEF qui refuse toute contrepartie pour le monde du travail.  Désormais minoritaire chez les syndicats de salariés, extrêmement coûteux pour les finances publiques, le « pacte » n’est pas aujourd’hui le « grand compromis social » que vous aviez souhaité.

N’ayons pas peur d’abandonner cette voie.  La mobilisation générale pour l’emploi passe par la relance de l’investissement public et par celle de la consommation.

Car il est urgent d’agir pour le pouvoir d’achat. La réforme fiscale est évidemment un outil pour améliorer le quotidien des Français les plus modestes. Mais l’augmentation substantielle du SMIC lors de sa revalorisation annuelle, le dégel des salaires des fonctionnaires, la revalorisation des petites retraites nous paraissent tout aussi nécessaires

3) De même qu’il n’y aura pas de redressement sans justice, il n’y aura pas de réussite de la gauche si elle ne parvient pas à se rassembler.

Le changement ne peut devenir une réalité sans la prise en compte des aspirations de la majorité sociale à laquelle nous devons notre majorité politique acquise en 2012. Pour le traduire en actes, la gauche ne réussira qu’avec un nouveau pacte majoritaire qui rassemble au service de la France toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la défaite de la droite lors de la dernière campagne présidentielle.

Mais au-delà de la gauche, c’est au profond malaise qui traverse notre pays qu’il faut aujourd’hui répondre. Comme à chaque période décisive de son histoire, la France peut retrouver le meilleur d’elle-même en s’inspirant des principes qui font la force et la singularité de son modèle républicain. Respect de la souveraineté populaire, défense de notre modèle social, promotion de l’égalité : en cette « année Jaurès », la République sociale reste un projet fédérateur. Ce projet, il vous appartient de le faire vivre.

Nous espérons que vous aurez compris cette adresse comme  une contribution franche et constructive, tournée vers un seul objectif : la réussite de votre quinquennat, celle de la gauche, celle de la France.

Pour Maintenant la Gauche

Emmanuel Maurel

Marie-Noëlle Lienemann

Jérôme Guedj

Paul Quilès, ancien ministre, et les membres du Bureau national du PS : Julien Dray, Anne Ferreira, Gérard Filoche, Marianne Louis, Jonathan Munoz, Jean-François Thomas

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 09:49

http://unmondedavance.eu/wp-content/uploads/2012/12/c-etait-l-a-fete-hier-en-debut-de-soiree-rue-de-solferino-devant-le-siege-du-parti-socialiste1.jpg

 

Suite au refus de la direction du Parti Socialiste de prendre en compte les positions du texte commun entre Maintenant la GaucheUMA et des camarades de la motion 4 “Il n’y a pas qu’une seule politique possible”, ce dernier est désormais ouvert à la signature sur le site de Maintenant la Gauche

 Donnons le plus d’écho militant possible à cette initiative portée par un tiers des membres des instances nationales du PS !

 

 

« IL N’Y A PAS QU’UNE SEULE POLITIQUE POSSIBLE »

 

La période est instable. De l’extrême droite qui se rassemble derrière des slogans racistes et antisémites à la droite radicalisée qui remet en cause la légitimité du Président de la République à gouverner, un front des conservatismes se constitue. Cette situation appelle une réaction forte. Une réaction essentielle pour reprendre la main, faire reculer le chômage et engager pleinement la transition écologique. Et ne pas donner l’impression que, malgré l’arrivée de la gauche au pouvoir, les droites et leurs « valeurs » sont en dynamique.

De toutes nos forces nous voulons que la gauche réussisse. Dix ans de politique de droite ont profondément abimé notre pays. La crise a dévasté nombre de territoires, plongé des millions de familles dans l’angoisse de la précarité ou du chômage.

A l’occasion de la campagne présidentielle, François Hollande a, à juste titre, pointé la responsabilité historique du monde de la finance dans les difficultés que traversent notre pays et notre continent. Il avait porté haut et fort l’exigence d’une réorientation de la construction européenne, en dénonçant le caractère néfaste des politiques d’austérité. Pour sortir le pays du chômage de masse, il avait proposé une feuille de route qui n’oppose pas la production à la redistribution, l’offre à la demande, l’efficacité économique à la justice sociale.

Cette feuille de route, c’est toujours la nôtre.

Cinq ans après la chute de Lehman Brothers, l’Union européenne subit toujours la crise et ses conséquences. Trois pays se trouvent encore sous assistance financière, le chômage atteint 12% dans la zone euro et la croissance est en berne.

C’est pourquoi nous continuons de penser qu’il est nécessaire de faire vivre la promesse de réorientation de la politique Européenne. Plus que jamais, la France doit créer les conditions d’un rapport de force favorable aux politiques de sortie de crise. La situation impose de nous dégager de la logique trop restrictive liée aux normes budgétaires et monétaires européennes.

La réduction des déficits préconisée par la Commission européenne a provoqué des coupes sombres dans des dépenses publiques et sociales essentielles. Surtout, ces « efforts » imposés aux populations n’ont pas permis de réduction de la dette publique. Elle est passée pour l’Union européenne à 27 de 62% du PIB en 2008 à 85% quatre ans plus tard. Loin de réduire la dette, l’austérité contribue à l’augmenter davantage.

Aujourd’hui, les critiques convergent pour remettre en cause des politiques socialement dangereuses et économiquement inefficaces. Les citoyens, mais aussi de grandes institutions comme le FMI, l’OCDE,  le BIT, pointent l’urgence d’une relance coordonnée en Europe.

Dans ce contexte, les élections européennes revêtent une importance particulière. Refonte de la politique commerciale, instauration d’une taxe sur les transactions financières, lutte contre les paradis fiscaux, politique monétaire au service de l’économie réelle, harmonisation sociale et fiscale, relance de l’investissement par la transition énergétique notamment, meilleure répartition du travail, smic européen : les socialistes porteront ces exigences en mai prochain.

Mais nous serons d’autant plus crédibles pour le faire si nous avons administré la preuve, en France, qu’il n’y a pas qu’une seule politique possible.

Or en dépit de la salutaire rupture avec l’ère Sarkozy, l’orientation en matière de politique économique suscite des désaccords et des inquiétudes dans nos rangs.

Nous ne nous reconnaissons pas dans le discours qui tend à faire de la baisse des « charges » et du « coût du travail » la condition d’un retour de la croissance. Il n’y a pas de « charges » mais des cotisations sociales qui sont en réalité du salaire différé.

Et nous sommes inquiets quand nous découvrons que la baisse des cotisations promise aux entreprises s’accompagne d’une réduction de 50 milliards d’euros des dépenses publiques en trois ans, sans même savoir quels sont ceux qui en supporteront les conséquences. Ce qui risque de rogner sur le modèle social français dont les grands principes ont été établis à la Libération.

La focalisation exclusive sur la baisse du « coût du travail » ne constitue pas une réponse adaptée

Comme l’ensemble de l’Union européenne, la France souffre de la crise. Les libéraux, dont le patronat se fait le porte-parole, associent cette crise à un problème global de compétitivité engendré par une explosion du « coût du travail ». Cette lecture nous semble contestable.

Depuis le début des années 90, des centaines de milliards d’aides, d’exonérations, de subventions ont été distribuées sans aucun effet sur l’emploi et la compétitivité de nos entreprises. Pire, elles ont alimenté la rente au détriment des salaires et de l’investissement. Entre 1999 et 2008, alors que les firmes allemandes ont réduit leur taux de dividendes versées de 10%, leurs homologues françaises l’ont augmenté de près de 50%. Le « coût du capital » n’a jamais été aussi élevé.

L’industrie française se délite et les politiques libérales de ces 20 dernières années n’ont fait qu’en précipiter la chute, croyant pouvoir créer une « France sans usine », renonçant à toute politique industrielle ambitieuse. Le renouveau industriel nécessite un renforcement de notre « compétitivité hors-coût » qui ne sera rendue possible que par des aides ciblées et d’une réorientation des bénéfices de la rente vers l’investissement productif.

Or, on ne peut que constater la victoire de la finance sur la production. C’est la conséquence de la concentration de la richesse entre les mains d’un nombre de plus en plus petit. Aujourd’hui, alors que 10 % de la population concentre 60 % du patrimoine, les banques imposent aux entreprises des règles qui donnent la priorité à l’accroissement systématique des marges. Dès lors, il ne faut pas s’étonner du mouvement de concentration du capital (les quatre premières banques françaises ont un bilan équivalent à 400 % du PIB) et de financiarisation de l’économie.

Enfin, ne nous voilons pas la face. La finitude des ressources naturelles, la hausse inéluctable du prix des énergies fossiles dont notre modèle de production et de consommation est dépendant, la stagnation de nos taux de croissance déconnectés du bien-être humain, nous obligent à imaginer un nouveau modèle de développement. De même, l’évolution des gains de productivité rend indispensable de réfléchir à une nouvelle répartition du travail. Mais ce nouveau modèle de développement est par définition antagoniste des logiques libérales, court-termistes, à l’œuvre de nos jours.

Pour nous, la priorité doit donc être la suivante: favoriser l’emploi et l’investissement productif aux dépens de la rente.

Les préconisations avancées jusqu’à présent sont déséquilibrées.

Les socialistes se sont toujours refusés à opposer offre et demande, production et redistribution, bonne gestion des comptes publics et relance de l’économie. Les propositions contenues dans le « pacte de responsabilité » semblent s’écarter de cette position d’équilibre.

1) L’objectif de baisse accélérée des dépenses publiques comporte des risques majeurs.

Le Président de la République s’est engagé à ne pas toucher au modèle social français. Néanmoins, la priorité accordée aux 50 milliards d’euros d’économies en trois ans, nous fait craindre une réduction du périmètre d’intervention de l’Etat, nuisible aux politiques sociales existantes et au fonctionnement des services publics.

Par ailleurs, elle réduit considérablement nos marges de manœuvres pour mener à bien des politiques ambitieuses dans le domaine de l’éducation, du logement ou de la culture. Comment continuer à soutenir l’effort de réinvestissement de l’Etat dans le domaine éducatif mené depuis le 6 mai, si les baisses de crédits y sont massives ? Comment soutenir l’exception culturelle si, pour la troisième année consécutive nous baissons le budget du ministère de la culture. Enfin, comment les collectivités territoriales pourront-elles continuer à être le premier investisseur public de notre pays, si elles doivent réaliser des coupes budgétaires massives ?

2) le redressement n’est pas possible sans la justice

A trop se focaliser sur « l’offre » et la « baisse des charges », le « pacte de responsabilité » risque de comprimer l’activité économique.

Notre pays doit partir de ses atouts : qualité de la main d’œuvre, de ses services et infrastructures publics. Agir  pour notre compétitivité, c’est penser dès maintenant le monde de demain et notre modèle de développement 

C’est donc d’abord agir sur nos capacités productives (montée en gamme, sobriété énergétique de notre appareil productif, investissement dans les énergies renouvelables, utilité sociale) et sur nos infrastructures. Ainsi en 2011, les importations énergétiques pesaient 88% du déficit de notre balance commerciale, entamant d’autant la création d’emplois et les capacités d’investissement de nos entreprises.

L’investissement dans l’éducation, la formation, la recherche, la transition énergétique, sont autant de leviers pour une stratégie de développement durable à moyen et long terme. L’enchainement des crises ces vingt dernières années témoigne d’un système court-termiste à bout de souffle, qui ne répond plus au double impératif d’efficacité économique et de justice sociale. Cette option volontariste d’investissement que nous proposons est un moyen d’en sortir.

Mais cet effort serait vain si, faute de consommation, bon nombre d’entreprises n’avaient pas de carnets de commande remplis, si faute de «  planification » les industriels n’avaient aucune vision de l’avenir, et si faute d’anticipation ils n’étaient pas au rendez-vous d’une reprise française et internationale.

Dès lors, nous pensons que, dans la mobilisation générale pour l’emploi décrétée par l’exécutif, la consommation populaire doit prendre toute sa place. Elle passe notamment par une réforme fiscale de grande ampleur, comme l’a d’ailleurs proposé le Premier ministre. Loin de s’opposer, redressement et justice vont de pair.

Obtenir un compromis social favorable au monde du travail

La social-démocratie suppose que le parti majoritaire à gauche soutienne les syndicats de salariés pour arracher un compromis au patronat.

Si le Président a été très clair sur les avantages accordés aux entreprises, les contreparties demandées restent floues. Il faudra plus qu’un « observatoire » pour imposer amélioration des conditions de travail, discussion sur les salaires, partage du travail ou multiplication des embauches. D’autant que le MEDEF, par la voix de son président, refuse de rentrer dans une logique de « donnant-donnant » qui serait pourtant la moindre des choses. En lien avec les déclarations présidentielles, nous insistons sur la double nécessité de ne pas alimenter la rente pour servir l’investissement productif et de faire bénéficier les salariés, par le biais de la rémunération notamment, d’une part de cette aide.

Il n’y aura pas de « compromis social » favorable aux salariés sans mobilisation du parti, des parlementaires, du mouvement social. Salaires, embauches, réduction et partage du temps de travail, droits des salariés, contrôle des licenciements abusifs, modalités de remboursement des aides en cas de non-respect des engagements, politique de redistribution des dividendes : dans tous ces domaines nous devons porter des exigences fortes.

Oui, nous devons les porter, et en toute liberté. Sachons nous désintoxiquer des institutions de la Vème République. Tout ne peut procéder d’un seul homme. Les débats  politiques ne se règlent pas en brandissant la menace de  mesures disciplinaires ou en mettant les parlementaires au pied du mur.

Le PS doit jouer pleinement son rôle. Pour la réussite de la gauche au pouvoir, il faut un Parti autonome, force de propositions, relais des aspirations mais aussi des mécontentements. C’est une des conditions de la réussite commune.

Cette réussite passe aussi par l’implication de la gauche dans toute sa diversité. Il n’y a aujourd’hui de salut pour la gauche française que dans la construction de convergences entre les forces politiques et sociales qui la composent. Au moment où une partie de la droite radicalisée fait jonction avec une extrême droite plus menaçante que jamais, le rassemblement de la gauche est une ardente obligation.

 

SIGNATAIRES

Guillaume Balas, Frédéric Lutaud, Emmanuel Maurel

Membres du Bureau National du Parti socialiste

 

Henri Emmanuelli, député, ancien Ministre, ancien Premier Secrétaire du Parti socialiste

Marie-Noëlle Lienemann, ancienne Ministre, sénatrice

Paul Quilès, ancien Ministre

 

Et les membres du Bureau National et du Secrétariat National suivants :

Paul Alliès, Pouria Amirshahi, Tania Assouline, Marie Bidaud, Sandrine Charnoz, Pascal Cherki, Laurianne Deniaud, Stéphane Delpeyrat, Antoine Détourné, Julien Dray, Anne Ferreira, Gérard Filoche, Olivier Girardin, Jérôme Guedj, Monique Herment, Liêm Hoang-Ngoc, Frédéric Hocquard, Régis Juanico, Marianne Louis, Delphine Mayrargue, Jonathan Munoz, Nadia Pellefigue,  Roberto Romero, Jean-François Thomas, Isabelle Thomas 

Les membres suivants du Conseil national et des instances nationales du PS s’associent également à cet appel :

Gérard Berthiot, Annick Boët, Dylan Boutiflat, Jean-Claude Branchereau, François Cassany, Johann Cesa, Martine Chantecaille, Véronique Chassate, Marc Colombani, Frédéric Faravel, Sybille Fasso, Dominique Fleurat, Géraldine Gay, Anne Gérard, Brice Giacalone, Virginie Houadec, Ugo Lanternier, Rémi Lefebvre, Thierry Le Pesant, Joëlle Losson, Nora Makhlouf, Laurent Miermont, Nicolas Pagnier, Laure Pascarel, Adélaïde Piazzi, Élodie Schwander, Christine Tabouret, Éric Thouzeau, Bertrand Vasnier, Geneviève Wortham

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