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MLG76

Blog des militants socialistes de Seine-Maritime qui se reconnaissent dans la motion "Maintenant la Gauche !" déposée par Emmanuel MAUREL lors du Congrès de Toulouse du Parti Socialiste.

 

contact : MaintenantLaGauche76@yahoo.fr

 

 

  

 

Vive La Gauche 76

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 21:15

Maintenant La Gauche LOGO

 

La direction du Parti Socialiste a souhaité organiser le débat sur la réforme des retraites avant de connaître le projet de loi du gouvernement. Inlassables militants de lautonomie du Parti, nous avons salué cette démarche. Nous avons donc participé au groupe de travail mis en place sur le sujet. Nous avons également apporté notre contribution (écrite) avec la lettre adressée aux parlementaires le lundi 8 juillet.
 
Le 9 juillet, un texte a été proposé aux membres du Bureau National. Avant d’en discuter le contenu, nous avons souhaité discuté du principe même de l’opportunité d’une « réforme des retraites » dans un climat social très dur. Nous pensons en effet que rien ne justifie socialement, économiquement ou financièrement, d'en demander plus aujourd'hui aux Français. Nous souhaitions donc soumettre au vote la question du calendrier de la réforme, que nous jugeons largement précipité et essentiellement motivé par le souci de répondre aux« préconisations » de la Commission. Cela nous a été refusé. Nous avons indiqué que nous poursuivrons notre combat au sein du groupe parlementaire et auprès de l’exécutif pour convaincre que la réforme des  retraites n’est ni urgente, ni opportune. L’urgence est à un plan de relance et à la création d’emplois.
 
Sur le fond, le texte présenté par la direction, s’il est loin d’être satisfaisant, marque néanmoins une rupture nette avec l’esprit et la lettre du funeste « rapport Moreau ». En effet, le PS s’engage à refuser la désindexation des pensions, qui aurait conduit à ne baisse drastique de revenu des retraités. Il reprend largement les propositions que le Parti, alors engagé aux côté des manifestants contre la réforme Fillon,  avait formulées en 2010, tant du point de vue des objectifs (prise en compte de la pénibilité, résorption des inégalités femmes/hommes, âge légal du départ à la retraite) que des moyens financiers (contribution du capital au financement du système par répartition, légère hausse des cotisations).
 
Restent pour nous deux points de désaccord.
 
D’abord, nous maintenons que le fameux « déficit de la branche des retraites » est largement conjoncturel. Si, selon les prévisions actuelles, il devrait atteindre 20Mds d'euros en 2020, c'est essentiellement du fait de la rechute de l'activité et de l'emploi. C’est donc en donnant clairement la priorité à la lutte contre le chômage de masse que nousparviendrons à assurer la pérennité du système.
 
Deuxième point de désaccord, et non des moindres, le texte de la direction précise qu’à partir de 2020, « l’allongement de la durée de cotisations reste est possible : il devra prendre en compte l’environnement économique et ne pas excéder la moitié des gains d’espérance de vie en fonction de la situation économique  ». La prudence de cette position est évidemment préférable à la brutalité des affirmations complaisamment relayées depuis des années, il n’en reste pas moins que nous prônions un engagement plus ferme : selon nous, l’allongement de la durée de cotisation requise pour avoir droit à une retraite à taux plein nest pas souhaitable et structurellement pas nécessaire Pour nous, si l’on vit plus longtemps c'est en partie grâce à la retraite à 60 ans ! 
Nous savons aussi que l’allongement de la durée de cotisation réduit le niveau des retraites  et risque d’accroitre le nombre de retraités pauvres. On ne peut l’accepter.
 
En outre, retarder d'une manière ou d'une autre l'âge de départ en retraite, alors qu'on ne peut espérer un retour au plein emploi avant longtemps, ne peut qu'aggraver le chômage :celui des jeunes, confrontés à une pénurie de postes de travail ; celui des seniors, obligés d'attendre  plusieurs années dans une situation précaire entre le moment où ils cessent de travailler et celui où ils peuvent faire valoir leurs droits à la retraite.
 
Pour cette raison au moins, nous ne pouvions voter en faveur du texte présenté par la direction. Notre ABSTENTION témoigne de notre satisfaction de voir les positions les plus rétrogrades du patronat clairement rejetées par le Parti ainsi que l’idée de toucher, dès à présent, à la durée de cotisation.  Mais elle constitue aussi un appel à la vigilance afin quele gouvernement prenne en compte les mesures immédiates préconisées par la PS et sache résister aux injonctions des libéraux  d’engager une «  réforme structurelle » de notre système de retraite. La gauche au pouvoir doit consolider l’un des éléments essentiels de notre modèle social et à soutenir le pouvoir d’achat de nos concitoyens durement éprouvés par la crise.
 
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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 20:14
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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 20:00

Maintenant La Gauche LOGO

 

A l’initiative des parlementaires de Maintenant la Gauche et de plusieurs autres parlementaires socialistes le mardi 2 juillet ,une contribution au débat a été portée concernant la nécessaire réforme fiscale promise pendant la campagne présidentielle.

 

Cet appel qui a été lancé vise à mettre à l’agenda législatif cette réforme, à même de réintroduire une plus forte progressivité de l’impôt au service de la justice sociale et du pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes.

 

Nous nous réjouissons de cette initiative qui montre que, sur un sujet aussi important, nous pouvons rassembler pour faire bouger les lignes dans le parti et au parlement.

Nous serons désormais attentifs à ce que cette demande forte, qui avait été un engagement phare de notre campagne présidentielle, soit prise en considération et traduise dans les actes dès le budget 2014.

 

Vous trouverez ici : http://www.maintenantlagauche. fr/conference-de-presse- commune-a-plusieurs-courants- et-sensibilites-du-parti- socialiste-pour-la-mise-en- oeuvre-dune-grande-reforme- fiscale/le communiqué commun adressé à la presse ainsi que les premiers retours sur cette initiative.


Marianne: “La réforme fiscale, c’est maintenant?”. http://www.marianne.net/La- reforme-fiscale-c-est- maintenant_a230004.html

 

Libération: “Lienemann: la réforme fiscale est devant nous”. http://www.liberation.fr/ politiques/2013/07/02/marie- noelle-lienemann-la-reforme- fiscale-est-devant-nous_915331

 

Europe 1: “Ces élus qui proposent une CSG progressive”. http://www.europe1.fr/ Politique/Ces-elus-PS-qui- pronent-une-CSG-progressive- 1570515/

Retrouvez toute l’actualité de Maintenant la gauche sur www.maintenantlagauche.fr
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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 07:31

LA REFORME FISCALE, CONDITION DE LA REUSSITE DE L'ACTE II DU QUINQUENNAT


CONTRIBUTION AUX TRAVAUX DU GOUVERNEMENT ET DE LA MAJORITE SUR LES PROCHAINS PROJETS DE LOI DE FINANCES

GAUCHE DURABLE - GAUCHE POPULAIRE - MAINTENANT LA GAUCHE - UN MONDE D'AVANCE
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Un an après l'élection de François Hollande et le retour de la gauche au pouvoir, les Français expriment leur doute, dans les enquêtes d'opinion comme lors des élections partielles. Sur fond de crise persistante, le " redressement juste " promis par le Président de la République apparaît trop souvent, aux yeux de nos concitoyens, comme " juste le redressement ".
 
Les couches moyennes et les classes populaires qui ont permis l'élection de François Hollande attendent des résultats de la gauche sur le terrain du pouvoir d'achat. La politique menée par notre majorité doit absolument produire des effets réels en bas de leur fiche de paye sous peine de sanction dans les urnes. Au-delà de la politique salariale qui doit demeurer dans la boîte à outils du gouvernement, les prochains projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale sont l'occasion pour la majorité d'actionner l'indispensable levier de la politique fiscale. Alors que l'effort de réduction des déficits rend vaine la promesse de la " stabilité fiscale ", il est possible de démontrer que la gauche n'est pas synonyme de " matraquage fiscal " et que l'impôt, qui a souvent un caractère anxiogène, peut aussi être un authentique outil de redistribution.
 
Responsables et parlementaires de la majorité, nous appelons de nos voeux la mise en oeuvre d'une grande réforme fiscale conformément à l'engagement n°14 du Président de la République pour rendre du pouvoir d'achat aux couches populaires. C'est à cette condition que nous pourrons conserver leur confiance.

 
Nos propositions pour une réforme fiscale se déclinent en quatre temps :
 
1. Rendre la CSG progressive pour redonner du pouvoir d'achat aux Français modestes ;
En juillet 2012, la hausse du SMIC, premier coup de pouce du gouvernement en faveur des Français les plus modestes, a permis d'augmenter leur salaire net de 6 euros. Dès 2014, nous proposons une deuxième étape avec la mise en place d'une CSG progressive. Une simple baisse de 2 points de la CSG due par plus de 50% des Français (salaire médian) aurait pour effet :
Pour un célibataire au SMIC, une augmentation d'environ 30 euros par mois de son salaire net ;Pour un couple marié rémunéré au SMIC, avec deux enfants à charge, une augmentation pour l'ensemble du ménage de 76 euros par mois.
 
Cette baisse du taux de CSG serait financée par des hausses correspondantes sur les revenus supérieurs, à partir d'un seuil qui tiendra compte des hausses d'impôts déjà votées depuis 2012. Afin d'éviter la censure du Conseil constitutionnel, nous proposons la mise en place d'un mécanisme de correction prenant en compte la situation familiale et conjugale en année n 1 au moment de la déclaration d'impôt sur le revenu. 

2. Modérer les hausses de TVA prévues pour financer le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), mesure qui coûte 20 milliards d'euros par an et dont l'utilité reste à prouver.

3. D'ici à 2017, avancer par étapes vers l'individualisation de l'impôt et l'unification de la CSG et de l'impôt sur le revenu.
La poursuite de la grande réforme fiscale consiste en la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG en un grand impôt sur le revenu à la fois progressif, individualisé et prélevé à la source. Pour contourner la censure du Conseil constitutionnel, il pourrait être laissé au couple - marié, pacsé ou concubin - la possibilité de déclarer leurs revenus en commun ou de manière individuelle. Un dispositif pourrait être mis en place pour inciter à l'individualisation. La charge liée aux enfants serait compensée par un crédit d'impôt forfaitaire. 

4. Pour une fiscalité écologique populaire et efficace.
Conduire notre économie vers un nouveau modèle de développement exige la mise en place d'outils fiscaux propres à faire évoluer les comportements et faire payer à leur juste prix les impacts environnementaux des activités humaines. Nous proposons donc que dès le budget 2014 soient intégrés dans l'architecture fiscale un premier signal vers la convergence essence/diesel, les bases d'une contribution climat-énergie (qui doit aussi toucher les importations) et que soit programmée la suppression rapide des niches fiscales défavorables à l'environnement.La fiscalité écologique suppose des mesures d'accompagnement et de compensation pour les ménages, comme pour les entreprises. Elle est un réel levier pour le redressement productif et l'emploi. Elle stimule l'innovation industrielle et technologique. Son produit doit donc être totalement affecté à la transition écologique et ne peut abonder à d'autres dispositifs. Aussi nous en concluons que la fiscalité écologique n'est pas encore assez mature pour qu'il lui soit assigné le devoir de financer le CICE.

PREMIERS SIGNATAIRES 
>> Gauche durable
Laurence Rossignol, sénatrice de l'Oise et conseillère régionale de PicardieChristian Paul, député de la Nièvre et conseiller régional au Conseil régional de BourgogneChaynesse Khirouni, députée de Meurthe-et-MoselleDaniel Goldberg, député de Seine-Saint-DeniSGwenegan Bui, député du Finistère

>> Gauche populaire
Laurent Baumel, député d'Indre-et-Loire et maire de Ballan-MiréPhilippe Doucet, député-maire d'ArgenteuilFrançois Kalfon, conseiller régional d'Ile-de-FranceFrançois de Rugy, député de Loire-AtlantiqueIsabelle Bruneau, députée de l'Indre

>> Maintenant la Gauche
Emmanuel Maurel, vice-président du Conseil régional d'Ile-de-FranceAnne Ferreira, conseillère régionale de PicardieJérôme Guedj, député et président du Conseil général de l'EssonneMarie-Noëlle Lienemann, sénatrice de ParisMarianne Louis, conseillère régionale d'Ile-de-France

>> Un Monde d'Avance
Guillaume Balas, secrétaire général d'Un Monde d'AvanceNathalie Chabanne, députée des Pyrénées-AtlantiquesPouria Amirshahi, député des Français de l'étranger Caroline De Haas, membre des instances nationales du Parti socialisteLiem Hoang Ngoc, député européen

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 06:01

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La commission des résolutions vient d’aboutir à un compromis politique dont nous avons été partie prenante.

L’aspiration majoritaire des militants à une réorientation de l’Europe qui s’est exprimée dans nos amendements a été entendue.

La commission a adjoint au texte final une résolution contenant “14 priorités socialistes pour réorienter l’Europe” à l’adresse de nos partenaires du Parti Socialiste Européen.

Parmi ces priorités adoptées par la Commission des résolutions figurent les messages politiques essentiels que nous avons portés avec les amendements de Maintenant la Gauche:

- “augmenter le budget européen par sa renégociation, en exigeant du Conseil Européen un cadre financier pluriannuel plus ambitieux permettant d’accroître les ressources en faveur de la croissance et de l’investissement”

- ” réviser le pacte de stabilité pour donner la priorité au soutien à la croissance dans chaque pays. L’Europe a besoin de croissance, pas d’austérité. Nous demandons un calendrier étendu, crédible et réaliste de réduction des déficits publics. Nous poursuivrons conjointement le soutien aux dépenses d’avenir indispensables.”

- “agir en faveur d’une parité plus équilibrée de l’euro, aujourd’hui surévalué par rapport au dollar américain, au yuan chinois et au yen japonais, en confiant la politique de change aux autorités politiques de l’union. Comme le prévoit le traité le conseil Europeen doit utiliser pleinement sa compétence en la matière. Nous demandons son inscription à l’ordre du jour du conseil européen”.

- “les socialistes français sont extrêmement réservés sur l’opportunité des négociations commerciales USA-UE. En aucune façon, les socialistes ne pourront accepter de ratifier un traité qui mettrait en cause les intérets économiques, stratégiques et le modèle social de la France et de l’Europe”

Nous nous satisfaisons de l’intégration des éléments majeurs que nous avons portés et que les militants ont soutenus très largement.

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 19:18

Europe-drapeau.jpg

 

 

Voici le texte complet sur l’Europe « interdit » par le BN du PS d’être soumis au vote des militants PS :

 

Parce que nous aimons l’Europe, parce que nous l’avons rêvée, voulue et construite nous n’acceptons pas son orientation actuelle. Comme nous, nos concitoyens sont inquiets. Le chômage et la précarité explosent et le pouvoir d’achat baisse. Les politiques d’austérité, que des institutions non démocratiques imposent aux Etats, créent un climat de défiance à l’endroit de l’Europe.

L’Europe s’est construite sur un rêve de prospérité partagée. Elle est aujourd’hui l’otage de politiques néo-libérales et de dérives technocratiques qui l’ont affaibli. On en connaît les conséquences : accroissement des inégalités, remise en cause en cause du modèle social acquis de haute lutte par les mouvements ouvrier et progressistes, démantèlement des capacités d’intervention de la puissance publique, réduction du périmètre des services publics.

Les peuples eux aussi sont mis en concurrence. Ils subissent l’austérité, inacceptable et dangereuse. Aucune solidarité effective, aucun projet commun ne donne sens à ce qui doit être la grande ambition progressiste du 21eme siècle. L’intégration politique fait du surplace.

Les principes démocratiques de base sur lesquels l’Europe s’est fondée sont également remis en cause : la troïka, qui impose ses choix à une grande partie de l’Europe, sans aucune légitimité, sans rendre de comptes à quiconque, en est l’illustration la plus criante.

La faiblesse persistante de la croissance, la désindustrialisation globale, la domination de la finance sur l’économie réelle ne tombent pas du ciel. Elles sont la conséquence de choix économiques et politiques impulsés par les conservateurs et les libéraux. Ils ont accéléré l’accumulation de la dette publique. Les sociaux-démocrates ont eux-mêmes parfois accompagné cette spirale.

On nous avait promis l’Europe prospère, elle est austère. On attendait l’Europe démocratique, elle continue à être oligarchique. Quant à l’Europe sociale, elle est sortie des priorités.

Une alternative est possible. Pour réussir, le combat européen que nous menons doit être assumé politiquement par notre Président, par notre Parti. François Hollande a raison lorsqu’il se dit prêt à une “tension amicale” avec la droite allemande. La confrontation avec les droites européennes est nécessaire. C’est aujourd’hui qu’il faut construire un rapport de force avec les conservateurs, à commencer par leurs chefs de file Madame Merkel et Monsieur Cameron.

Les critiques convergent contre les politiques d’austérité. Les peuples en premier lieu, mais aussi désormais, le FMI, l’OCDE, le BIT, des économistes de toutes origines et plus récemment le commissaire général à l’investissement, ont tous pointé la nécessité d’une relance coordonnée en Europe. Ailleurs, certains pays ont osé franchir le pas comme les Etats-Unis ou le Japon qui font le choix de la relance. Plus récemment encore c’est le Gouvernement de coalition des Pays-Bas qui a mis un coup d’arrêt à l’austérité sous l’utile pression des partenaires sociaux.

Si la gauche ne propose pas au plus vite une réorientation profonde et radicale de la construction européenne, c’est l’Union qui sera bientôt en danger. Le sursaut en Europe, c’est urgent.

1. La question sociale avant tout : vers un Traité Social Européen.

L’emploi et le pouvoir d’achat sont la préoccupation première de nos concitoyens. Malheureusement, la question sociale est restée à la remorque de la construction européenne. La lutte contre le chômage et les inégalités doit être la priorité de la prochaine étape de la construction européenne. Le “traité social européen”, notamment porté par la confédération européenne des syndicats (CES) doit donner pour buts aux politiques communautaires l’amélioration des conditions de vie et de travail, la qualité des emplois, la lutte contre les discriminations à l’embauche et dans les rémunérations, le dialogue social, le développement durable. Il doit garantir à tous les salariés dans l’Union européenne les droits fondamentaux que sont les droits du travail et le niveau de protection sociale, et instaurer le principe de la clause la plus favorable

Mais surtout, et là est l’urgence, il doit fixer un cadre de convergences progressives vers le haut des standards sociaux les plus importants comme la durée légale du travail, le salaire minimum. La création d’un SMIC dans chaque pays est importante mais ne saurait suffire pour combattre le dumping social. L’écart entre les SMIC doit être réduit pour se rapprocher du taux le plus élevé.

Dans le cadre des traités existants, il faut interdire les pratiques de rémunération selon le « principe du pays d’origine » que la défunte directive Bolkestein voulait consacrer. Il faut exiger l’application de la directive « travailleurs détachés » et fixer un principe clair : l’obligation de respecter les lois et conventions collectives du pays où s’effectue le travail

2. Suspendre le pacte de stabilité : la croissance et l’emploi d’abord.

La priorité à la question sociale va de pair avec l’impératif de relance de l’économie. Malheureusement, le pacte de stabilité et le TSCG sont deux verrous qui interdisent désormais aux gouvernements de disposer des moyens d’action nécessaires pour faire face à la crise. Le pacte de stabilité doit être immédiatement suspendu. Le rythme de réduction des déficits imposé par la Commission européenne finira par provoquer des coupes sombres dans des dépenses publiques et sociales essentielles. L’austérité a démontré son inefficacité : elle contribue à augmenter la dette, pas à la réduire. Les peuples, les Etats et l’Union ne survivraient pas à la poursuite de cette politique suicidaire.

Le pacte de stabilité doit ensuite être réformé. Les dépenses d’investissements doivent être exclues du calcul des déficits, son fonctionnement doit rejeter la logique de sanction et introduire celle de coopération. Le dogme du 3%, chiffre sans aucune valeur économique, doit être aboli. Le calendrier de réduction des déficits doit être réaliste et tenir compte du cycle économique et de la nécessité de lutter contre le chômage.

3. Liquider la dette indigne : la BCE doit prêter directement aux Etats

Dans tous les pays européens, la montée de la dette publique est en premier lieu liée au déploiement des politiques de l’offre, centrées sur la baisse conjointe des dépenses publiques et des impôts. Les mesures fiscales favorables aux plus aisés ont essentiellement favorisé l’épargne des riches et n’ont pas provoqué l’effet annoncé sur la croissance. Il en a résulté une baisse des recettes fiscales et une montée des déficits. La crise a en second lieu fait exploser la dette à partir de 2008. Renonçant à prêter directement aux Etats, les banques centrales ont prêté aux banques qui elles même ont prêté aux pays avec des taux d’intérêt exorbitants, s’enrichissant au passage sur le dos des contribuables et des citoyens. Ces taux d’intérêt particulièrement élevés ont été des éléments déterminants de l’explosion de l’endettement. Une large part des dettes souveraines peuvent être ainsi considérées comme « illégitimes ».

Le ralentissement de l’activité a encore amenuisé les recettes fiscales tandis que la socialisation des pertes des banques, responsable de la crise financière, a mis à contribution les finances publiques et les contribuables. Les rentiers, détenteurs de la dette publique et privée, ont doublement profité de cette situation. Ils ont tout d’abord bénéficié des baisses d’impôts qui ont creusé les déficits. Ils ont ensuite touché les intérêts de la dette qu’ils détiennent… et qui a financé les cadeaux fiscaux dont ils ont profité pour spéculer. Nos concitoyens ont bien de quoi s’indigner ! Une grande partie de la dette est une dette indigne, causée par des politiques qui sont à l’origine de la crise et qui continuent à être vantées par des promoteurs n’ayant de cesse de mettre cette crise sur le dos d’un modèle social européen trop coûteux !

C’est cette dette indigne, à laquelle il faut s’attaquer.

Au-delà, Il faut distinguer la bonne dette, celle qui finance le modèle de développement durable, de cette mauvaise dette. Cela justifie que, dans de nombreux pays, il faille restructurer la dette pour libérer des ressources nécessaires au financement de l’économie réelle. Et en tout cas, le temps est venu d’imposer aux banques centrales et à la BCE de prêter à nouveau directement aux Etats.

Le sort réservé aux peuples grecs, irlandais, portugais et espagnols est inacceptable. Les « plans de sauvetage » de ces pays ne sont que des plans de sauvetage des grandes banques européennes détentrices des titres de leurs dettes publiques. Ce sont les peuples qui paient la facture avec les véritables plans de destruction sociale que leur impose la Troïka (Banque centrale européenne, Union européenne et FMI) : le chômage frappe 27 % de la population en Grèce et en Espagne, 17 % au Portugal, le niveau de vie moyen de la population a baissé de 35 % depuis 2009 en Grèce.

4. Un véritable plan de relance européen

Les « réformes structurelles » prônées par les conservateurs et les libéraux sont impuissantes face à la récession. Elles ont même entretenu une logique de déflation salariale qui a tué la demande intérieure européenne. Un New deal européen est désormais à l’ordre du jour. Il doit s’articuler de politiques de soutien à la reprise adaptées à chaque Etat et d’un plan de relance à l’échelle européenne. Le retour de l’intervention de la puissance publique à tous les niveaux est d’autant plus nécessaire pour financer et planifier la transition écologique.

Il faut permettre à tous les pays de la zone euro de s’orienter vers la relance en faisant sauter les verrous budgétaires qui enferment leurs moyens d’action. En étant coordonnées, les mesures de soutien dans chaque Etat seraient nettement plus efficaces.

La relance doit également opérer à l’échelle Européenne, pour financer la convergence vers le haut de tous les pays et relancer la croissance dans toute l’union. Le pacte de croissance doit se concrétiser. Pour cela, des euro-obligations pour financer les investissements d’avenir doivent être mise en œuvre. Le capital de la Banque Européenne d’Investissement doit être augmenté, pour lui permettre de développer ses activités de financement de la croissance. Alors que l’épargne est abondante dans certains pays, l’UE doit pouvoir recourir à l’emprunt pour financer ses grands investissements, en particulier pour la transition énergétique, et lutter contre les inégalités territoriales et sociales. L’emprunt, comme instrument majeur du développement et de la croissance en Europe, s’impose comme la contrepartie logique à la mise en œuvre de l’harmonisation fiscale et sociale.

5. Refuser la baisse du budget européen

En cohérence avec la volonté affirmée du Président de la République d’une relance macro-économique européenne au service de la croissance et de l’emploi, nous appelons les socialistes européens et notamment nos eurodéputés à refuser par leur vote le budget en baisse pour la première fois, imposé par les gouvernements conservateurs. Ce veto rouvrira la discussion sur la base du budget 2013, moins restrictif que celui actuellement proposé par le Conseil et imposera l’ouverture, dès 2014, année du renouvellement du Parlement européen, du débat sur la levée de ressources propres nouvelles et pérennes, financées par des impôts européens, voire, ultérieurement par des emprunts fédéraux.

Le budget européen représente seulement un pourcent du PIB de l’UE. A termes, la construction d’une Europe de la croissance et de l’emploi implique la mise en place d’un vrai budget d’intégration solidaire, représentant au minimum 5% du PIB européen.

La taxe sur les transactions financières doit être le premier de ces impôts européens. Celle-ci doit être élargie à tous les pays. D’autres ressources propres doivent être créées. Ces dernières pourraient provenir de la lutte contre la fraude fiscale, de la taxation des kilomètres parcourus par les poids lourds, ou encore de la taxation carbone aux frontières de l’UE.

6. Fiscalité : Une seule solution, l’harmonisation

Les Socialistes doivent initier un projet européen fiscal, fondé sur la détermination de règles d’harmonisation et sur le transfert d’impôts nationaux vers des impôts européens, au service d’un budget européen.

Pour stopper la concurrence fiscale, il faut harmoniser les fiscalités européennes. Comme nous l’avons fait pour les monnaies, il faut mettre en œuvre un serpent fiscal européen qui rapproche progressivement les niveaux d’imposition. Il serait fondé sur :

- un taux plafond de TVA (impôt consommation) pour éviter une dérive à la hausse de cet impôt injuste ;

- une harmonisation de l’assiette consolidée de l’impôt sur les sociétés et la définition d’un taux minimal d’imposition des sociétés, pour stopper la course à la baisse et au dumping ;

- l’affectation d’une partie du produit de cet impôt au budget européen

- une obligation de déclarer revenus et bénéfices réalisés dans les paradis fiscaux pour toutes les entreprises et une harmonisation des règles et procédures dans la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale ;

- un FACTA européen

- une harmonisation des bases d’imposition, pour définir des règles communes et permettre la revalorisation du budget européen par la création d’un ou plusieurs impôt(s) européen(s) renforçant l’intégration européenne et ses marges de manœuvre.

7. Mettre la BCE au service de l’économie réelle

Par la force des choses, la BCE est intervenue au cours de la crise, dans les limites autorisées par ses statuts, pour éviter une panne générale de liquidité et enrayer la spéculation sur les dettes souveraines. Pour autant, une réforme de la politique monétaire européenne et des statuts de la BCE doivent doit faire de la croissance et de l’emploi les objectifs prioritaires de la BCE, dans le respect de la recherche d’une inflation contrôlée. L’indépendance absolue de la BCE est sans aucun équivalent dans le monde. Les socialistes doivent promouvoir l’idée d’une BCE responsable devant des institutions communautaires démocratiques.

La BCE doit pouvoir acheter directement lors de leur émission les titres des dettes publiques des Etats-membres de l’Union européenne, sans que ces Etats aient à subir les « conditionnalités » prévues par le Mécanisme européen de stabilité, c’est-à-dire les plans de destruction sociale qui frappent la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et demain Chypre. C’est ce que font d’ailleurs toutes les banques centrales dans le monde, la Réserve fédérale des Etats-Unis, la Banque du Japon comme la Banque d’Angleterre.

8. Mettre fin à l’euro surévalué

L’action de la BCE peut aussi influencer le taux de change de l’euro face au dollar. Pour autant, la politique de change ne relève pas du champ de compétence de la BCE. C’est aux Etats, au sein du Conseil, que revient la mission de fixer le taux de change de l’euro. Le débat sur la politique de change de l’Union est malheureusement resté interdit. Or la surévaluation de l’euro nuit à l’économie et à l’emploi dans la plupart des pays de la zone euro. L’euro ne saurait être une monnaie au service des seuls pays qui réalisent des excédents commerciaux et qui entendent préserver le patrimoine de leurs épargnants grâce à une monnaie trop forte.

La France doit en premier lieu proposer une politique de change à ses partenaires, pour rééquilibrer la parité avec le dollar mais aussi le yen et le yuan au service de nos exportations. Elle doit non seulement demander que ce point soit mis à l’ordre du jour d’un sommet européen exceptionnel et d’ici fin 2013 mais également présenter un mémorandum visant à stopper la politique de de l’Euro fort, de l’Euro surévalué.

A ceux qui défendent la déflation salariale, une baisse de 10% de la valeur de l’Euro serait plus efficace qu’une baisse équivalente des salaires.

9. Encadrer le libre-échange, refuser le traité transatlantique.

La politique de change est un instrument de politique commerciale, au même titre que les barrières au libre-échange incontrôlé.

Le libre-échange sans précaution a accru le phénomène des délocalisations. Il entretient une pression à la baisse sur les salaires et mis en cause la protection sociale des pays où le modèle social est le plus avancé. Nous devons tirer les conséquences de cette concurrence déloyale. Il faut réaffirmer la nécessité d’un tarif extérieur commun aux frontières de l’Europe en définissant les critères sociaux et environnementaux nécessaires pour préserver notre modèle social, la qualité de la vie et des emplois rémunérés à leur juste valeur.

Il est temps de proposer un accord européen sur la régulation des échanges de l’UE avec ses partenaires qui permettent l’instauration d’écluses sociales et fiscales.

Il est nécessaire d’avancer vers la taxation du bilan carbone, favorisant de fait les productions les plus écologiques et les plus proches. La création d’une Organisation européenne du commerce, soumettant au Parlement européen des propositions de mise en place de principes de protection (normes, taxes, quotas…) secteur par secteur, permettrait d’harmoniser les normes environnementales.

Il faut enfin suspendre les négociations pour un accord transatlantique. L’industrie européenne n’a rien à y gagner et beaucoup à y perdre. Les Etats-Unis viennent d’injecter des fonds publics considérables pour soutenir certains de leurs secteurs industriels qui, une fois modernisés, seront prêts à conquérir le marché européen. Pendant ce temps-là, L’Europe interdit les aides directes aux entreprises.

La mise en œuvre de l’accord transatlantique va à l’encontre du projet d’une Europe forte et indépendante dans un monde multipolaire. Elle ne saurait tomber dans le piège d’une alliance dite occidentale en face des pays émergents.

D’autres voies de coopération avec les Etats–Unis peuvent être promues mais l’accroissement du tout-concurrence n’est pas acceptable. Entrer dans la négociation nous amènerait à terme à renoncer à une destinée commune aux Européens. Instruits par l’expérience, nous savons que poser les conditions ne permet pas d’aboutir à un accord équitable.

Le droit du travail doit être considéré comme un élément constitutif du droit de la concurrence. La construction d’une véritable organisation européenne, sur le modèle de l’OIT, est indispensable.

10. Renouer avec l’ambition industrielle pour un développement durable

L’Union doit investir puissamment dans les secteurs d’avenir, en particulier dans les activités à haute valeur ajoutée de la nouvelle économie de la connaissance, développer des infrastructures transeuropéennes d’énergie propre, de transport et de communication. Elle doit favoriser le déploiement d’une politique industrielle, entravée par la logique d’une « concurrence libre et non faussée » dogmatiquement imposée.

Cet Etat stratège européen doit permettre la transmission dans les territoires, notamment à travers la politique régionale, des orientations décidées en commun, avec pour règle de n’abandonner aucun territoire, aucune région.

Par ailleurs, une véritable politique industrielle doit également assurer une bonne gestion des secteurs plus traditionnels afin d’anticiper les restructurations et mettre en place à temps des programmes de reconversion des bassins industriels, en associant les partenaires sociaux et tous les acteurs concernés.

Il est donc indispensable de repenser complètement la politique industrielle. Tout d’abord en révisant complètement le régime des aides d’Etat et des règles de concurrence, pour permettre l’émergence de grands groupe européens capables d’affronter leurs homologues dans la concurrence mondiale et maintenir des emplois dans l’UE, d’autre part au sein des Etats membres en particulier pour les PMI afin d’assurer l’émergence de secteurs innovants, où l’investissement long terme est indispensable. Cela doit aussi être permis pour assurer la mutation industrielle dans des domaines où se manifeste un déséquilibre des échanges et une sur-importation.

11. En Europe aussi, « notre adversaire, c’est la finance » !

Une directive bancaire est actuellement à l’étude. Il est indispensable qu’elle ne soit pas en retrait par rapport au rapport Liikanen.

Les socialistes doivent œuvrer en ce sens et exiger un dépôt rapide par la commission de ces textes.

Seules pourront bénéficier de la garantie publique, les activités bancaires directement utiles à l’économie. En France, par exemple, ces activités représentent 22% des activités des « banques universelles » dont le désastre chypriote vient de démontrer une nouvelle fois l’extrême dangerosité : 12% pour le financement des ménages et 10% pour le financement des entreprises.

On ne saurait par ailleurs accepter que soit différée la mise en œuvre de l’Union bancaire. La plus grande vigilance s’impose pour l’ensemble des marchés financiers en particulier ceux du « secteur bancaire parallèle » comme les fonds monétaires, les assureurs ou les fonds alternatifs qui prospèrent sans être réellement régulés et taxés. Ils constituent un risque de déflagration qui menacera nos économies avec autant de force, si ce n’est plus encore, que la crise bancaire récente.

12. Une Union démocratique, par et pour les citoyens

Aujourd’hui, la crise en Europe s’est muée en crise de l’Europe. Il faut d’urgence organiser le saut démocratique qui restaure une capacité réelle des peuples à peser sur les décisions. Il est donc essentiel de renforcer les pouvoirs du Parlement européen et de mieux associer les parlements nationaux. Afin d’assurer l’effectivité de la légitimité démocratique du Parlement européen, ce dernier doit nommer la Commission selon les résultats issus des urnes des élections européennes. De même, il faut en finir avec la désastreuse cogestion parlementaire qui brouille le clivage droite-gauche et faire en sorte que la Gauche sociale-démocrate européenne présente son propre candidat à la Présidence de la Commission.

Le parlement européen doit être représentatif de la réalité démographique des différents pays. On ne peut continuer.

Le rôle de co-législateur du Parlement européen doit être étendu à tous les domaines, la règle de l’unanimité au Conseil des ministres abolie. Les Parlements nationaux doivent être pleinement associés aux décisions budgétaires majeures, telles que les programmes de stabilité et les programmes de réforme.

Aujourd’hui, la crise en Europe s’est muée en crise de l’Europe. Il faut d’urgence organiser le saut démocratique vers une Europe fédérale et progressiste. Il est donc essentiel de renforcer les pouvoirs du Parlement européen. Afin d’assurer l’effectivité de la légitimité démocratique du Parlement, ce dernier doit nommer la Commission selon les résultats issus des urnes des élections européennes. De même, il faut en finir avec la désastreuse cogestion parlementaire qui brouille le clivage droite-gauche et faire en sorte que la Gauche sociale-démocrate européenne présente son propre candidat à la Présidence de la Commission.

L’Europe ne peut fonctionner comme un espace diplomatique, dans lequel les intérêts des Etats prévalent sur celui du peuple. La représentation populaire, tant au niveau national qu’au niveau européen, doit être renforcée.

Le rôle de co-législateur du Parlement européen doit être étendu à tous les domaines, la règle de l’unanimité au Conseil des ministres abolie. Les Parlements nationaux doivent être pleinement associés aux décisions budgétaires majeures, telles que les programmes de stabilité et les programmes de réforme.

Les changements de traités doivent faire l’objet d’une Convention, dans laquelle les citoyens sont représentés par leurs élus directs au Parlement Européen. Les peuples doivent pourvoir les ratifier par référendum.

Des paroles aux actes

Longtemps, on a déploré que l’Union se fasse « en dépit des peuples » ou « à côté des peuples ». Aujourd’hui, c’est pire : elle se construit contre eux.

Pour les docteurs de la loi libérale, ce sont aux citoyens européens de payer la crise. Grèce, Portugal, Espagne : tous les pays sommés d’appliquer les « recettes » de la Troïka voient leur taux de chômage exploser. La logique folle des partisans de l’austérité se résume en une formule paradoxale : l’Europe redeviendra riche une fois que tous les européens seront devenus pauvres.

Socialistes, nous n’avons pas renoncé à « notre Europe ». Celle qui privilégie la coopération à la compétition. Celle de la construction de « solidarités de fait ». Celle qui investit et prépare l’avenir.

Oui, nous l’assumons : nous portons, avec nos partis frères, un projet alternatif à celui de la droite européenne que nous pouvons faire partager au-delà de nos frontières aux forces progressistes, de gauche et écologistes.

Oui, nous le savons, l’histoire de l’Europe est faite de compromis et de concessions réciproques. Mais on ne passe pas des compromis sans construire un rapport de forces. Accepter une politique néfaste « pour éviter d’ajouter la crise à la crise » non seulement n’évite pas la crise mais l’aggrave. C’est çà cela que nous devons nous atteler aujourd’hui : la confrontation démocratique avec la droite européenne qui veut condamner l’Union à l’austérité sans fin.

Notre base, sociale, nos électeurs, ne se paient plus mots. Ils veulent des actes. C’est pourquoi nous pensons que le rôle des socialistes Français, à moins d’un an des élections européennes, c’est d’élaborer une feuille de route et de la proposer à nos partis frères.

Nos électeurs, notre base sociale ne se satisferont pas de belles paroles et de grandes promesses. Ils veulent des actes, ils veulent du concret. Ils ont raison.

Nous n’avons pas le temps de laisser « du temps au temps ».

C’est maintenant qu’il faut exiger la suspension du pacte de stabilité budgétaire qui condamne les Etats membres à l’austérité sans fin.

C’est maintenant qu’il faut un véritable plan de relance, écologique et social en Europe.

C’est maintenant qu’il faut refuser le vote d’un budget communautaire en baisse pour la première fois de l’histoire de l’Union.

C’est maintenant qu’il faut placer le social d’abord et obtenir un traité social, aller vers un SMIC européen.

C’est maintenant qu’il faut mettre à l’ordre du jour la fin de « l’euro cher » pour protéger nos emplois, nos industries et nos savoir faire.

C’est maintenant qu’il faut refuser le libre-échange généralisé (mettre en place un juste échange et refuser le traité transatlantique qui risque d’affaiblir un peu plus notre continent sur la scène internationale.

Ensemble, avec toute la gauche européenne, le sursaut, c’est urgent.

 

Emmanuel Maurel, Gérard Filoche, Marie-Noëlle Lienemann, Marianne Louis, Jérôme Guedj, Julien Dray, Anne Ferreira, Membres du BN du PS

 

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 12:02

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Le courant de la gauche du Parti socialiste “Maintenant la gauche” présente aujourd'hui (22/04/13), un document programme de mesures afin de “s’affranchir d’une certaine orthodoxie libérale et budgétariste”.

Cosigné de la sénatrice Marie-Noël Lienemann, d’Emmanuel Maurel, premier signataire de la motion de l’aile gauche au congrès de Toulouse, du député Jérôme Guedj, et des économistes Daniel Vasseur et David Cayla, tous membres du courant “Maintenant la gauche”, ce “plan de relance écologique et social pour la France et pour l’Europe” mobiliserait 43 milliards d’euros en deux ans et permettrait de créer ou préserver 500.000 emplois.

Plan de relance :

Comme dans les années 30 aux Etats-Unis, la politique économique est redevenue restrictive trop tôt et, comme dans les années 30, il faut s’affranchir d’une certaine orthodoxie libérale et budgétariste pour mettre en oeuvre avec détermination un plan de relance, au moment où il est à la fois le plus nécessaire mais aussi le plus efficace, afin de sortir l’économie de cette spirale récessive”.

Et de proposer “un plan de relance sur deux ans de 43 milliards d’euros”, soit “2 points de PIB, dont seulement 28 milliards d’euros financés sur fonds publics, qui constituerait le pendant du pacte pour la compétitivité adopté fin 2012″. Selon les calculs, “il permettrait d’augmenter le PIB de 3,3 points et de créer ou préserver environ 500.000 emplois”.

Ce plan est fondé sur trois piliers :

  1. “la relance de la consommation populaire: des mesures immédiates pour une reprise à court terme”,
  2. “la relance par des investissements publics et des grands projets mobilisateurs soutenant la réindustrialisation pour un redressement à moyen terme”
  3. “une réforme fiscale fondatrice garante d’une croissance à long terme”.

La relance de la consommation passerait notamment par une amélioration “temporaire de l’indemnisation du chômage et du chômage partiel dans les entreprises” et "une revalorisation des aides sous condition de ressources” pour les jeunes.

La “réindustrialisation du pays” serait pour sa part fondée sur “l’innovation et la qualité”, avec “la construction d’infrastructures de transport (lignes à grande vitesse, canaux, fret ferroviaire, tramways), la montée en puissance des filières industrielles nécessaires à la transition énergétique, ou encore de la voiture électrique” et le soutien du secteur BTP via “une prime à l’achat de logements neufs” pour les plus modestes.

L’austérité du gouvernement :

Les auteurs précisent que “l’apport de l’Etat pourrait donner lieu à l’émission d’un emprunt national permettant d’agir à un moment décisif pour notre économie”. Ce plan fait suite à une résolution publique sur ce sujet adoptée lors d’une réunion du courant “Maintenant la gauche” début février. Il survient alors que le gouvernement a présenté sa feuille de route politique à la Commission européenne lors du dernier conseil des ministres. Un document qui fait la part belle à la réduction des déficits à travers des coupes dans les services publics et les interventions de l’Etat.

 

Si ses idées ont peu de chances d'aboutir dans l'immédiat, l'aile gauche du PS met en garde le chef de l'Etat. "C'est bien parce qu'il y avait eu une première phase de relance que le peuple de gauche n'a pas brutalement rejeté Mitterrand après le tournant de la rigueur, et c'est parce qu'il n'y a rien eu de tel, durant son second septennat, qu'il fut sanctionné si durement en 1993."

Un avertissement qui vaut pour les élections de 2014 et 2015 comme pour le rendez-vous présidentiel de 2017.

 

Retrouvez le plan de relance écologique et social ICI

 

Lien : http://www.humanite.fr

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 21:00

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Trois représentants de l'aile gauche du PS se rendront à la manifestation contre l'accord "flexisécurité" du 5 mars 2013 à Paris.

La sénatrice PS, Marie-Noëlle Lienemann, le député, Jérôme Guedj, et le chef de file du courant "Maintenant la Gauche", Emmanuel Maurel, iront saluer les syndicalistes dans le carré de tête. Un geste en forme de pied de nez contre Jean-Marc Ayrault, fervent défenseur d'un accord qu'il a qualifié "d'historique".

La CGT et Force Ouvrière ont appelé à manifester le 5 mars à Paris contre la transcription de l'accord national interprofessionnel sur la compétitivité et la sécurisation de l'emploi (ANI). Le texte a été signé le 11 janvier dernier par une partie des partenaires sociaux (CFDT, CFTC, Medef, CGC) mais soulève de vives contestations depuis deux mois.

Une trentaine de députés socialistes souhaite modifier le contenu de cet accord lorsqu'il sera présenté à l'Assemblée Nationale.

Par Marion Lagardère, France Inter 

 


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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 14:27

http://img.over-blog.com/330x259/0/13/58/83/BLOG/Stephane-Hessel-Portrait.jpg

 

L'ancien diplomate et résistant Stéphane Hessel est mort dans la nuit du 26 au 27 février 2013 à l'âge de 95 ans

 

Toutes les vieillesses ne sont pas des naufrages. Celle de Stéphane Hessel, l’infatigable pèlerin de la résistance, est venue contredire la maxime du Général.

Il était reparti à l’abordage des idéaux au couchant flamboyant de sa vie, s’invitant une dernière fois dans l’époque pour transmettre le souffle brûlant qui l’animait toujours. Ultime témoignage du courage sublime des femmes et des hommes qui permirent à la civilisation européenne de renaître dans le combat alors que la nuit totalitaire s’abattait sur les frêles épaules d’un continent à genoux.

Grand père moqueur, c’est la jeunesse de toute l’Europe qu’il enflamma dans sa belle et rebelle révérence au monde. Indignés,indignados, la prise d’arme fut continentale. Les cariatides de l’Europe s’effritent à mesure que le mythe européen s’effiloche comme un rêve au petit matin, mais toute une génération mobilisée a montré, à la suite de la publication d’Indignez-vous, que les cœurs généreux savent toujours s’assembler pour porter haut les idéaux qui ont conduit hier nos aînés à résister.

Sa vie fut le roman du siècle, l’encre avec laquelle elle fut écrite était trempée dans l’Universel.

Son plus bel héritage restera la transmission de cette conviction profonde : tous les rêves sont à portée de main, et quelles que soient les incertitudes du temps présent, il faut conserver une confiance inébranlable en l’avenir. Soyons à la hauteur de cet héritage.

 


Maintenant la Gauche

 

 


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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 20:23

http://img.over-blog.com/600x126/1/19/53/86/Le-Temps-de-la-Gauche/Maurel_Lienemann_Guedj_Louis.jpg

 

Par Emmanuel Maurel, vice-président de la région Ile-de-France, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, Jérôme Guedj,député de l’Essonne et Marianne Louis, conseillère régionale Ile-de-France, membres du Bureau National pour “Maintenant la Gauche”.

 

Jean-Marc Ayrault a reconnu mercredi soir (13/02/2013) que l’objectif d’atteindre 3% de déficit en 2013 ne sera pas “exactement atteint”. Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann, Jérôme Guedj et Marianne Louis, tous les quatre membres du bureau national du PS et réunis dans le courant “Maintenant la gauche”, appellent le gouvernement à abandonner ce cap érigé par François Hollande, “un mantra érigé en dogme”. Tribune.

3% DE DEFICIT – “Ce dogme s’est révélé mortifère pour les économies européennes. Les esprits lucides le disaient, l’expérience l’instruisait: la réalité l’a confirmé. En finir avec cet objectif aussi chimérique que néfaste, c’est revenir au pragmatisme. L’abandon du dogme des 3%, c’est le retour à la raison après des années de déraison et d’aveuglement”, juge le courant “Maintenant la gauche”.

 

Nous le disons depuis longtemps déjà les politiques de réduction à marche forcée des déficits publics mènent inexorablement à l’austérité généralisée. Même le FMI l’admet après l’avoir longtemps promue: la rigueur n’est pas “efficace”, puisqu’elle mène tout droit à la récession, à l’augmentation vertigineuse du chômage, et au creusement de la dette qu’elle est pourtant censée combattre!

Au moment où les Etats-Unis, par la voix de leur président, envisagent une augmentation des investissements publics et une hausse du salaire minimum de plus de 20%, l’Europe se plait à demeurer l’idiot du village planétaire. Incapable du moindre sursaut, l’Union s’enferre dans une politique qui échoue: réduction du budget communautaire, euro-fort qui pénalise nos industries, dumping social et fiscal qui encourage les délocalisations !

C’est dans ce contexte que ressurgit aujourd’hui le débat sur “l’objectif des 3%” fin 2013. Le gouvernement prépare les esprits à coups de formules diplomatiques: si l’objectif ne sera pas atteint cette année, il était, de l’aveu même d’un de ses plus éminents ministres, une “chimère nécessaire”! Si la politique se nourrit parfois de mythes et de symboles, il n’est pas bon pourtant de verser dans la pensée magique.

Priorité à la relance de la croissance

Or c’est bien de cela qu’il s’agit. L’objectif des 3% est un mantra qui fut érigé en dogme. Ce dogme s’est révélé mortifère pour les économies européennes. Les esprits lucides le disaient, l’expérience l’instruisait: la réalité l’a confirmé. En finir avec cet objectif aussi chimérique que néfaste, c’est revenir au pragmatisme. L’abandon du dogme des 3%, c’est le retour à la raison après des années de déraison et d’aveuglement.

La priorité est aujourd’hui à la relance de la croissance, préalable indispensable à la restauration de déficits publics soutenables. Les taux d’intérêts exceptionnellement bas la justifient, permettant des investissements publics massifs en faveur d’un nouveau mode de développement.

En décidant de mettre en parenthèse l’objectif des 3%, l’exécutif se donnerait les moyens de trouver de nouvelles marges de manoeuvre

François Hollande a souvent indiqué qu’il se refusait d’opérer un “tournant de la rigueur” après des choix insuffisamment réalistes. Aujourd’hui, c’est le réalisme qui impose “un tournant de la relance”!

Le tournant de la relance pour lequel nous plaidons sera-t-il entendu par la présidence ? Nous le croyons. En décidant de mettre en parenthèse l’objectif des 3%, l’exécutif se donnerait les moyens de trouver de nouvelles marges de manoeuvre. Pour sauver l’industrie, qui en a tant besoin. Pour investir dans l’avenir, en dotant notre pays de nouvelles infrastructures et pour engager la transition énergétique. Pour permettre enfin à nos collectivités locales de continuer à soutenir le développement économique et les politiques de l’emploi.

Le moment est venu pour la France de contraindre le réel plutôt que de le subir, de négocier une nouvelle donne européenne, de tracer une voie pour sortir de la crise plutôt que de s’y enfoncer.


 


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